Buch 
Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
JPEG-Download
 

134 Neuvième Lettre.

questions assez curieuses , & assez indulgentes,ot principalement pour les personnes mariées,ou fiancées. J'appris fur cela les questions lesplus extraordinaires qu’on puisse s’imaajiner. IIm’en donna de quoi remplir plusieurs Lettres ;mais je ne veux pas seulement en marquer lescitations, parce que vous faites voir mes Let-tres à toutes sortes de personnes , & je nevoudrois pas donner l’occasion de cette lectureà ceux qui n’y chercheroient que leur diver-tissement.

La feule chose que je puis vous marquer dece qu’i! me montra dans leurs livres, mêmeFrançois , est ce que vous pouvez voir dans laSomme des péchés du P. Bauny, p. 165. de cer-taines petites privautés qu’il y explique, pourvuqu’on dirige bien son intention , comme, àpajferpour galand; & vous ferez surpris d'y trouver,p. 148. un principe de Morale touchant le pou-voir qu’il dit que les filles ont de disposer deleur virginité sans leurs parents j voici ses ter-mes: Ou and cela se fait du consentement dela file , quoique le pere ait sujet de s’en plain-dre t ce n est pas néanmoins que ladite fille,ou celui à qui elle s’çfl projlituée , lui aientfiait aucun tort, ou violé pour son égard lajustice : car la fille est en poffejjion de fia vir-ginité, aujsi-hien que de son corps ; elle enpeut faire ce que bon lui semble , à Vexclu-fion de la mort on du retranchement de ses mem-bres : jugez par-là du reste. Jc me souvins furcela d’un passage d'un Poète Paye n » qui a étémeilleur Cafuiste que ces Pères; puifqu’il a ditque la virginité d’une fille ne lui appartient pastoute entiere; a u* une parts e appartient au pcre t& Vautre à la mere , jans lefiquds elle n 9 enpeut disposer mime pour le mariage; & je doutequ’il y ait aucun Juge qui ne prenne pour une(ji le cyntraire dç cette maxime d» P. Bauay,