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Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
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Onzième Lettre * 171

en ait une nécessité bien pressante pour îe biencíePEglise. II est donc visible que je n*ai mangueen aucune sorte à la discrétion dans ce que j’aìété obligé de dire touchant les maximes de vo-tre Morale ; & que vous avez plus de sujet devous louer de ma retenue > que de vous plain-dre de mon indiscrétion.

La troisième réglé, mes Peres, est que quandon est obligé d’uíer de quelques railleries, l’el-prit de piété porte à ne les employer* que contreles erreurs,à non pas contreles choses saintes;rm lieu que Tesprit de boufonnerie , d’împìété »

& d’hérésie, fe rit de ce qu’iî y a de plus sacré.Je me fuis déjà justifié sur ce point; St on estbien éloigné cl’être exposé à ce vice , quand onn'a qu'à parler des opinions que j’ai rapportéesde vos Auteurs.

Enfin , mes Peres » pour abréger ces réglés >je ne vous dirai plus que celle-ci » qui est le ,principe Ht la fin de toutes les autres. C’est quel’efprìt de charité porte à avoir dans le coeur lsdésir du salut de ceux contre qui on parle , Sc2 adresser ses prières à Dieu en même tempsqu’on adresse ses reproches sux hommes. Ondoit toujours , dit S. Augustin, {Ep. J. ) con-server la charité dans le cœur, lors même qu’o/tefi obligé de faire au dehors des choses qui pa~roijjent rudes aux hommes, & de les frapperavec une âpreté dure , mais bienfaisante ; leurutilité devant être préférée à leur satisfaction *Je crois, mes Peres, qu’il n'y a rien dans mesLettres qui témoigne crue je n’aie pas eu cedésir pour vous; St ai n st la charité vous obligeà croire que je l’ai eu en esset, lorsque vousn’y voyez rien de contraire. II paroit donc par-la que vous ne pouvez montrer que j’aie péchécontre cette réglé, ni contre aucune de cellesque la charité oblige de suivre; St c’est pourquoi