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Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
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ijì Onzième Lettre.

vous n’avez. aucun droit de dire que je Taie

blessée en ce que j’ai fait.

Mais si vous voulez , mes Peres, avoir main-tenant le plaisir de voir en peu de mots uneconduite qui pèche contre chacune de ces réglés,ôc qui porte véritablement le caractère de {'es-prit de bouffonnerie , d’envíe , & de haine ,je vous en donnerai des exemples,& asin qu’ìlsvous soient plus connus & plus familiers, je lesprendrai de vos Ecrits mêmes.

Car pour commencer par la maniéré indignedont vos Auteurs parlent des choses saintes,soit dans leurs railleries, soit dans leurs galan-teries, soit dans leurs discours sérieux, trouvez-voiis que tant de contes ridicules devotre PereBinet dans fa Consolation des malades , soientfort propres au dessein qu'il avoit pris de con-soler chrétiennement ceux que Dieu afflige?Direz-vous que îa maniéré si profane & si co-quette dont votre Pere le Moine a parlé de lapiété dans fa Dévotion aisée , soit plus proprdà donner du respect que nu mépris pour l’idéequ’il forme de la vertu Chrétienne? Tout sonlivre des Peintures Morales rcsoire-t-il autrechose , & dans fa prose , & dans ses vers ,qu’un esprit plein de la vanité & des folies dumonde? Est-ce une piece digne d’un Prêtre,que cette Ode du VII. Livre, intitulée, Elogede la pudeur f oà il ejì montré que toutes lesbelles choses font rouges ou sujettes à rougir .C’est ce qu'il fit pour consoler uneDame qu’iíappelle Delphine, de ce qu’elle rougissoit sou-vent. 11 dit donc à chaque stance, que quel-ques-unes des choses les plus estimées sontrouges , comme les roses > les grenades , labouche, la langue ; &c’est parmi ces galanterieshonteuses à un Religieux, qu'il ose mêler in-solemment ces esprits bienheureux qui assistent