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Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
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176 Onzième Lettre.

retenue, sans faire de réflexion fur les'horriblesviolements de la charité que vous faites vous-mêmes par de si déplorables emportements.

Enfin, mes Peres, pour conclure par un autrereproche que vous me faites , de ce qu’entre unfi grand nombre de vos maximes que je rapporte,il y en a quelques-unes qu’on vous avoit déjàobjectées > fur quoi vous vous plaignez de ceque je redis contre vous ce qui avoit déjà été ditije réponds que c'est au contraire > parce quevous n'avez pas profité de ce qu’on vous l’adejà dit , que je vous le redis encore. Car quelfruit c-t-il paru de ce que de savants Docteurs ,& l’Université entiere vous en ont repris partant de livres? Qu’ont fiait vos Peres Annat,Caussm > Pintereau , & le Moine , dans les ré-ponses qu’ils y ont faites , finon de couvrir(Tin jure s ceux qui leur avoient donné ces avisfi salutaires ? Avez-vous supprimé les livres ouces méchantes maximes font enseignées ? enavez-vous réprimé les auteurs? en êtes-vousdevenus plus circonspects? Et n’esi-ce pas depuisc? tetngs-là qu’Escobar a tant été imprimé defois en isípagne, en t rance & aux Pays-Bas, &que vos Peres Cellot, Ragot, Bauny, Lamy, &Içs autres, ne cessent de publier tous les joursles mêmes choses, & de nouvelles encore aussilicencieuses que jamais? Ne vous plaignez doncplus , mes Peres , ni de ce que je vous ai re-proché des maximes que vous n’avez point quit-tées , ni de ce que je vous en ai objecté de nou-velles, ni de ce que j'ai ri de toutes. Vous n'a-vez qu’à les considérer pour y trouver votreconfusion & ma défense. Qui pourra voir sansen rire, la décision du Pere Bauny pour celuiqui fait briller une grange; celle duP. Cellot furla restitution ; le reglement de Sanchez en fa-veur des sorciers; la maniéré dont Hurtadofait éviter le péché du duel, en se promenant