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Dìx-hiiitieme Lettre, 3T7
L’unique moyen d’accorder ces contrariétésapparentes, qui attribuent nos bonnes actions,tantôt à Dieu & tantôt à nous , est de recon-noître que , comme dit S. Augustin , -ro>5 actionsfont nôtres , à cause du libre arbitre qui les pro-duit , & qu*elles font aujjì de Dieu » à cause defa grâce , qui fait que notre libre arbitre les pro-duit. Et que , comme il dit ailleurs , Dieu nousfait faire ce qu’il lui plaît , en nous faisantvouloir ce que nous pourrions ne vouloir pas:A Deo faclum ejl ut vellcnt, quod & nolle po-t uisent.
Ainsi , mon Pere , vos adversaires font par-faitement d’accordavec les nouveaux Thomistesmêmes ; puisque les Thomistes tiennent, commeeux , Sc le pouvoir de résister à la grâce , 6cì’infaillibilité de l’effet de la grâce , qu’ils fontprofession de soutenir si hautement, selon cettemaxime capitale de leur doctrine , qu’AIvarez ,Pua des plus considérables d’entr’eux , répete íìsouvent dans son livre , & qu’il exprime >difp. jz , /. 8, n. 4. ; en ces termes : Qjiand lagrâce efficace meut le libre arbitre , il consentinfailliblement ; parce que l'efset de la grâceest dc faire qu*encore qu’il puijse ne pas con-sentir a ft consente néanmoins en effet: dont ildonne pour raison , celle-ci de S. ThompsonMaître , ( 1, 2. q. uz. a. 3. ) Que la volontéde Dieu ne peut manquer d’ctre accomplie ; &qu*ainsi , quand il veut qu'un homme consenteà La grâce , il consent i>ifailll dément , &
mente nécessairement , non ‘vas d'une nécessitéabsolue , mais d*une nécessité d'infaillibilitc.En quoi la grâce ne blesse pas le pouvoir qu*ona de résister 3 fi on le veut ; pmfpde’le fait feu-lement qu’on ne vent pas y résister , commevotre Perc Petau le rcconnoît en ces termes ,t. 1 , Theol. dogm. I. p » c. 7 , p . 602. La grâceée Jïfus-Ckrifi fait qu*on persévère infaillible **