Buch 
Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
Entstehung
Seite
30
JPEG-Download
 

30 ARA

<íe six mille fils chacun cP une pe-titesse infinie. L’Araignée établitTa toile en faisant, en quelquesorte, la chaîne & la trame. Sesfils , ail lieu d’être cntrelasses com-me ceúx de nos toiles, se collentsimplement l’un contre Pautre,dans le moment ou l’Araignée lesfile. Elle le met en embuscadederrière ses filets. Lorsqu’une mou-che vient s’y prendre, elle accourt,la lie , la garotte dans des chaînesde fils, la suce toute vivante ûcrejette le cadavre desséché.

Araignée d’Amérique. Ces gros-ses Araignées font de la plus gran-de utilité. On se donne bien degarde : 1 e les tuer. Elles font lachasse aux Ravets^ ces infectes quidévorent les meubles & bardes, ôcrépandent une odeur désagréable.Ils se prennent dans leurs toiles,ou elles se précipitent dessus, leséventrent ôc les sucent.

Araignée des Antilles. VoyezPhalange.

Araignée aquatique. Cette ef-pece d'Araignée ne se trouve quetrès-rarenient aux environs de Pa-ris, mais très - fréquemmert cnChampagne , dans les maraisétangs. Elle est, en quelque forte,amphibie, car elle vit dans Peau& fur terre. Elle vient quelquefoisy chercher fa proie. Cette Arai-gnée nage très-bien, fur le ventre,fur le dos, plonge de toute ma-niéré. Elle est facile à reconnoîtrepar son éclat. Dans Peau, son ven-tre pnroît couvert d’un vernis ar-gent- - i c'est une lame d’air appli-quée iv le ventre au moyen departies huileuses qui transpirentdcion corps, 6e empêchent !e contactimmédiat de Peau. Cet air devientpour PArai'-née la matière du lo-gement qu'clle va fe construire.Elle attache fous les eaux quelquesfils de foie à un brin d’hcrbc , re-monte à la surface, éleve la partiepostérieure de son corps dans Pair,

ARA

rentre dans Peau avec rapidité. Sonventre fe trouve enduitd’une bulled’air qu’elle a Past de faire resterfous les eaux, en la plaçant fousses fils de foie. Elle remonte denouveau, descend de nouvel airpar le même procédé, & continueainli jufqu’à ce qu’elle se soit cons-truit un domicile assez grand. Elleentre òc sort à volonté dans cettebulle, qui fe referme toujoursquand elíe entre ou qu’clle fort,au moyen de l’air, dont la partiepostérieure de son corps est tou-jours- enduit. Pour donner de lasolidité à cette bulle fragile , ellela recouvre en dehors de fils defoie filés à petits points. Le mâleconstruit de son côté un semblableappartement ; lorsque Pamourl’in-vite, il perce les murs de l’appar-tement de la femelle. En y en-trant, les deux bulles d’air fe joi-gnent & ne font plus qu’une feulechambre nuptiale. La femelle estquelquefois un jour entier cou-chée fur le dos, fans mouvement& comme morte en attendant lemâle. Auíïï tôt qu’j.1 est entré,qu’il s’est glissé fur son ventre,elle semble ressusciter, fe xeleve,court après le mâle , qui fe fauveà toutes jambes. La femelle prendíoin de fa famille. Lorfqu’elle ac-croît, elle construit de nouveauxappartements.

Araignée des caves. Ces efpeccsfont armées‘de vigoureuses pinces.Elles serrent quelquefois 5 maisleur morsure 11’est point dangereu-se dans ce pays-ci. Leur adresse estde creuser un trou dans le fable,de le tapisser avec de la foie pourl’empècher de s’ébouler. L’iníècteen embuscade y saisit le momentou il apperçoit sa proie, même àla distance d’un ou deux pieds,s’élance dessus avec rapidité. Lestoiles d’Araignée font excellentespour les coupures*. C’cst un vulné-raire astringent. Elle doit fes pro-