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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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CHE

Mille est une fente transversale,d’où elle fait sortir, lorsqu’on latouche , 4 mamelons charnus. Cefont les petits réservoirs ci'une li-queur acide. Cet acide est telle-ment développé, qu'il laisse furla langue l’impreffion du vinai-gre , rougit le papier bleu, coagulele sang & l’esprit-de-vin. La Che-nille emploie dans la construc-tion de fa coque des copeaux debois. Veut-elle en sortir dans l’é-tat de Papillon, quelques gouttesde cet acide corrode les murs dela prison. II en sort une Phalènenommée, par Geoffroy, Queuefourchue. Nous ayons de M. Lyon-net un Traité in- 4 0 . d’obferva-tions anatomiques fur cette Che-nille.

Chenilles épineuses. Elles fontrecouvertes de piquants durs,simples dans certaines especes,branchues dans d'autres. Ces pi-quants n’occaíîonnent point dedémangeaisons, comme les poilsdes Chenilles velues. I.es Chenil-les épineuses vivent en société furl'Ortie. Pour se changer en chry-salides, elles filent, fur la surfacede quelques corps , une petiteboule de foie frisée, s’y suspen-dent par les deux pattes de der-rière, enflent leur corps, fontcrever leur peau , & au lieud’une Chenille, on apperçoit unebelle chrysalide couleur d’or. Deces chrysalides sortent de beauxPapillons connus fous les nomsde Papillons-Paons , de Vulcain ,de petite Tortue. Les prétenduespluies de fan^ qui ont jetté l’ef-froi en 1S08 a Aix en Provence ,ont été occasionnées par ces Pa-pillons. E11 sortant de l’état dechrysalide, ils sc vuident d’uneliqueur rougeâtre. Ces taches,que l’on voyoit de toutes partsfur les murs, furent prises, pardes imaginations effrayées, pourdes gouttes de sang & pour le

CHE lie,

présage des plus tristes malheurs.Un Observateur de la Nature,(M. de Peirere, ) désabusa lepeuple allarmé.

Chenilles. ( Fausses ) Ellesfont reconnoissables par le nom-bre de leurs pattes. Elles en onttoujours plus de 16 ; en quoi ellesdifférent des Chenilles qui en ontau plus 1 6 Sc jamais moins de 8.II y a un très-grand nombre d’especes de fausses Chenilles; ellesfe changent toutes en Mouches àscie; voyez ce mot. Pour subirleur métamorphose, elles fe ca-chent dans la terre, fe font, avecleur filière, une coque tapisséeintérieurement d’un duvet très-fin, fe ménagent à travers desmailles l’humidité de la terre,dont elles ont besoin dans l’étatde nymphe. Dans un terrein tropsec ou trop humide, l’infecte pé-rit, de maniéré qu’il est très-diffi-cile d’en élever.

Chenille du Fenouil. On larencontre fur le Fenouil, la Ca-rotte , la Ciguë. Elle se remarquepar fa couleur d’un beau verdcoupé par des anneaux d’un rougeorangé. Elle fait sortir de dessusfa tète, à volonté , deux especesde cornes charnues, rougeâtres,d’une odeur de Casse , disposéesen Y. On en ignore l’usage. CesChenilles , au défaut de feuilles ,fe dévorent les unes les autres.Les Papillons qui en naissent sonttrès-beaux. On les range dans lafamille des grands Porte-queues.

Chenilles des haies. Elles vi-vent en société- fur les haies, fontd’un bleu foncé à tubercules gar-nis de poils, fe forment une tented’une belle foie satinée, cons-truisent leurs coques chacune deleur côté contre des branches,font entrer, dans fa construction,de la foie, du poil & une efpeccde cire. Sous cette coque, qui de-vient très-dure, elles peuvent as-ti 4