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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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Chenille , surnommée la Li-vrée. Elle tire son nom des bandesblanches, bleues & rouges dontelle est parée. Ces Chenilles vi-vent en société, Raccommodentde toutes sortes d'arbres 8c fontde très-grands dégâts. Eiles filenttoutes de concert une tente , fouslaquelle elles vivent amicalement,vont manger bourgeons, feuillesqui font autour d’elles. Lorsquetout est dévasté, elles se trans-portent plus loin , se construisentune nouvelle habitation, d’oùelles sortent pour faire les mêmesdégâts. Lorfqu’on voit un de ceslogements vuides, il faut cher-cher plus loin, & l’on est sûr d’entrouver les architectes. Elles ontun mouvement singulier dont laraison est inconnue. Lotfqu’ellesont bien mangé , on les voit tou-tes ensemble, 8c presque de con-cert, donner en l’air des coups detête brusques, assez forts pourfaire raisonner une cloche deverre sous laquelle on les tien-droit enfermées. Elles se filentdes coques qui paroissent d’unebelle couleur jaune. Cette cou-leur nc dépend que d’une pous-sière jaune que la Chenille faitentrer dans la composition de facoque, u Les Dames, dit fine-,, ment M. de Réaumur , qui,, cherchent avec des foins pour,, lesquels nous manquons sou-,, vent de reconnoissance, à ajou-,, ter aux agréments qu'elles tien-,, nent de la nature, ont imaginé,, de se servir d’une poudre cou-,, leur de rose : si la poudre jaune,, citron des coques de nos Li-,, vrées pouvoir heureusement,, leur paroître propre à donner„ une agréable couleur à leurs,, cheveux, ces coques seroient,, bientôt tirées de l'obscurité où„ elles font. " Si M. de Réau-mur vivoit, ilverroit, avec plai-sir, une partie de ses vaux rem-

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plis : nos Dames prennent aujour-d’hui du goût pour la poudrerousse. Quoi. qu’il en soit, lesPhalènes de ces Chenilles dépo-sent leurs œufs avec un art singu-lier, les arrangent en forme d’an-neau autour d une branche , les yfixent avec une espece de mastic.Ces oeufs ainsi pondus pendantl’automne, exposés à toutes lesinjures de l’air , résistent auxfroids les plus rigoureux de l'hi-ver. II est important de les dé-truire dès qu’on les apperçoit.

Chenille maçonne. Elle faitentrer dans la construction de lacoque de petits grains de fable ,qu’elle détache des murs alleztendre- pour céder à ses efforts.

Chenille à manteau royal. CetteChenille est l’emblême des gran-deurs passagères. On voit soncorps brun recouvert, pendantquelques jours de fa jeunesse, detaches rougeâtres assez semblablesà des fleurs de Lis. En cinq ou sixj ours cet éclat naît & disparoît,c’est la fortune du Roi Théodore.D’agréable & presque lisse qu’é-toit cette Chenille , elle se cou-vée de longs poils qui, lorsqu’onla touche fans précautions, occa-sionnent des démangeaisons.

Chenille Marte ou Hérijsonne.Elle est hideuse par fa forme 8cson poil roux , marche assez vîte ,va sur les Ormes , descend , aumois d’Août, fur les gramens,se file un tissu soyeux 8c lâche,dont elle garnit les mailles avecson poil, se change en chrysalide,puis en Phalène. II faut toucherà cette Chenille avec précaution.

Chenille de‘la moujse des pierres .Cette Chenille rase de moyennegrandeur travaille avec tant d’a-dresse, qu’à peine peut-on apper-cevoir le lieu de son habitation.Elle arrache de petites mottes demousse fur les pierres, les disposeen voûte avec des fils de foie, 8c