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Guêpes. La sage nature prévois àtout. Les Guipes mulets ou fanssexes font les seules qui travaillentà la fondation de la république.Les premiers œufs éclos font destìuépes mulets, Auslì-tôt nés, ilsfe mettent à f ouvrage, aggran-dissent le trou, vont fur le bois,les treillages, les cbaflîs, chercherles matériaux de construction avecleurs dents : ils coupent, hachent,déchirent de petites libres de bois ,les humectent d'une liqueur q u’ilsdégorgent, les portent à l’attelier.V autres ouvrières les attendent.Elles en construisent le Guêpier.Cet édifice est composé en dehorsde feuilles de papier. Elles ne fontpoint appliquées les unes contreles autres. De cette maniéré l’hu-rnidité ne peut pénétrer en dedans.II y a dans l’íntérieut u ou 15étages. Entre chacun régné unecolonnade formée par les liensqui attachent les gâteaux f un àljautre. Chaque étage est commeune efpece de place publique oùles citoyens peuvent fe promener.Les cellules font hexagones. C'estle berceau où la mere continue depopdre des œufs de Guêpes mu-lets au nombre de ij ou 16000,8c ensuite les œufs de ìoo femel-les 8c d'autant de mâles. Les frè-res aînés, éclos les premiers, pren-nent des foins singuliers des cadetsqui naissent. Ils proportionnentleur aliment à la délicatesse deleur estomac. C’est d’abord desjus de fruits, de viandes, ensuitedes cadavres d’infectes. Ceux quivont à la provision apportent àmanger aux travailleurs. Chacunprend fa portion. Point de dispu-te , point de combat. La républi-que devient plus nombreuse, s’ac-croît de jour en jour. On y vit enpaix. Dès que chacun est pourvude forces nécessaires, il vole auxchamps. C’est alors une troupe debrigands. Ils viennent ravager nos
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espaliers, entamer nos fruits avantleur maturité, fondre avec la ra-pidité d’un Epervier fur nos Abeil-les , leur couper la gorge pouis’emparer de leur miel, piller,ravager leur république, fe nour-rir du fruit de leurs travaux, & lesobliger de déguerpit. Dans cesmoments d’abondance les Guêpesapportent le butin au Guêpier,le partagent entre elles. Ce n’estque fête, que plaisirs , amitié. Laconcorde ne peut subsister parmiles brigands. Vers le mois d’Oc-tobre , les provisions commencentà manquer. Cette jeunesse si vive,si amie, si brillante s’anime d’uneefpece de fureur. Le Guêpier n’estplus qu’un théâtre d’horreur. Lesmulets 8c les mâles arrachent deleurs berceaux œufs, vers, nym-phes , infectes naissants. Rien n’estépargné. On lé bat les uns contreles autres. Ces duels vont rare-ment à la mort, comme ceux desAbeilles. Les mâles font les seulsqui n’aient point diaiguilion. L’es-pérance de l'etat, les soins de lapostérité , l’amour de la patrie,ces grands ressorts du gouverne-ment ne subsistent plus. Toutela république fe détruit de fonden comble. Les froids, les pluiesfont languir les citoyens. Ils pé-rissent presque tous, heureuse-ment pour nous 8c nos Abeilles.Quelques femelles échappées auxmalheurs de la guerre intestine 8ca la rigueur de l’hiver, fondentau printemps suivant de nouvellesrépubliques. Un brigand est quel-quefois utile pour en punir d’au-tres. Quelques Bouchers suspen-dent au-devant de leur boutiqueun foie de Veau ou autre viandetendre. Les Guêpes viennent re-chercher ce mets friand. Voulantjouir seules du butin, elles pour-suivent ces grosses mouches bleues,des œufs defquelles naissent desvers qui gâtent la viande. C'est
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