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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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geáires qui fout autsi carnaciersque les Loups. L 'Ours noir nestque farouche. 11 refuse constam-ment de manger de la chair. 11est friand dc fruits, de lait, demie!. Lorsqu'il en a découvert ,il se feroit plutôt tuer que de lâ-cher prise. 11 habite les forets despays septentrionaux, de PAméri-que & de lEurope. Pris jeune ,il est susceptible de recevoir unecertaine éducation, gesticule , dan-se , semble écouter le son desinstruments , suivre grossièrementla mesure.Quoiquil paroisse obéissant il faut s'cn méfier, le con-duire avec circonspection. 11 estcolérique. On doit éviter dc lefrapper sur le nez 8c aux partiesde la génération 11 devient alorsfurieux. 11 y a des traits de ca-ractère qui conviennent aux di-verses especes dOurs. Ils ont lessens de la vue , de Poule 8c dutoucher très-bons, l'odorat plusfin qu'aucun autre animal. Aussila membrane de l'odorat est éten-due fur quatre rangs de lames os-seuses ; leurs bras & leurs jam-bes font charnues. Ils ont cinqorteils. Leurs doigts font gros,courts, serrés. Ils peuvent frap-per à poings fermés comme lhom-mc. Toutes ces ressemblancesgrossières avec/'espece humaine,ne les rendent que plus difformes.Ils haïssent l'état social , ne seplaisent que dans les retraites lesplus profondes, les cavernes inac-cessibles 8c les lieux abandonnésì la vieille nature. Leur voix estun grognement mêlé de frémisse-ment , lorlquils lotit en colere.Ils entrent en amour dans lau-tomne. On avoir dit faussementue la femelle se couchoit sur leos pour recevoir les embrasse-ments du mâle. On ignore letemps dc la gestation. Ils se plai-sent tant à vivre seuls, que leplaisir ne le» réunit qu'un mo-

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ment. Le mâle établit fa solitudeà une grande distance de sa fe-melle. Si la femelle ne trouvépas de caverne qui lui convien-ne, elle grimpe suç, un arbre,caste des branches, ramasse dubois, se forme sur un arbre uneretraite impénétrable à l'eau , ydépose trois ou quatre petits. Ellea pour eux les foins maternels lesplus tendres. Elle ne redoute au-cuns dangers lorsqu'il sagit deles défendre. Pendant lhivcr lesOurs se retirent dans leurs tan-niercs, y restent tranquilles fansprendre de nourriture. 11s ne sontpas cependant dans un état den-gourdissement comme la Mar-motte ; mais la graisse dont tou-tes les parties de leur corps sontpour lors couvertes , est pompéepar les vaisseaux , 8c leur sert da-liment pendant cette saison d'abl-tinence. 11s lèchent aussi P extré-mité de leurs pattes qui font com-posées de glandes ou mamelonsremplis dun suc blanc 8c laiteux.Les Ours sauvages sont hardis, nefuient point à l'aspect de l'hom-me, ne sc détournent point deleur chemin. Si on les tire, aulieu de fuir, ils reviennent surle coup dc fusil, fondent sur lechasseur, tâchent de letoufferen-tre leurs bras, 8c dans leur fureur,lui ouvrent la nuque avec leurspattes 8c lui arrachent la peau dela tête & du visage. Si on leurjette une pierre , un chapeau , ilscourent après ; cest quelquefoisle moyen déchappet à leurs pour-suites. On ne trouve point dcsalut même sur les arbres. Ils ygrimpent avec la plus grande lé-gèreté. En Norvege on leur faitla chasse avec de petits Chiensdressés qui leur passent fous leventre & les saisissent par les par-ties. LOurs fatiguépar les Chiens,s'adosse contre un arbre ou unrocher pour faire face â ses «une-