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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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loutcs dans l’cau, Lc dépouilléesde leur substance visqueuse.

PAVILLON. Une belle col-lection de ces insectes est un spec-tacle brillant, où les couleurs lesplus riches & les plus variées s’of-freut à l’oeil surpris avec toutesles grâces des nuances & du com-partiment. Le seul aspect en estravissant. Mais quelle matièresublime de réflexion pour l’ob*servatearqui étudie l’organifationdes êtres de la nature ! La Che-nille nous apprend de quelle ma-niéré elle se prépare au sommeilléthargique qui doit servir de pas-sage à fa métamorphose. Le ter-me de sa vie rampante est accom-pli. Elle change de forme pourdevenir habitant de l’air. La chry-salide est tout à la fois le tom-beau de la Chenille &: le berceaudu-Papillon. C'est dans des co-ques soyeuses, ou fous un voilede gaze , que s’opere tous les joursce grand miracle de la nature.Mais comment ce Papillon foi-blc, fans armes , à peine déve-loppé s'y prendra-t-il pour percerles murs impénétrables qui se re-voient à le garantir de l'insultependant son engourdissement ?Comment sottriendra-t-i .1 l’éclatde la lumière ôc la vivacité dePair ? Prenez une coque, faites-yune ouverture avec des ciseaux ;coltcz-la contre un verre ; obser-vez Tinfecte , vous verrez les or-ganes se développer insensible-ment r suivez-le des yeux j ilfait effort pour sortir de sa pri-son. Remarquez cette liqueurmousseuse qu’il dégorge ; elleamollit le bout de la coque quine peut plus résister aux coupsde tête du Papillon. Peu à peuJa barrière s*ouvre ; le Papillonsorti rimpreflion de l’air agit surses ailes; peu apparentes d’abord,elles s’étcndcnt avcc une rapiditésingulière > leur développement

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est quelquefois arrêté par la íe»chcresse s l’insectc alors est privérie la faculté de voler. La trompeallongée (bus le fourreau -de lachrysalide , fe roule cn spirale 8cva sc loger dans le réduit qui luiest préparé. Le voilà entièrementformé. II agite scs ailes avec undoux frémissement ; il prend l’es-sor , 8c d un vol íinueux , parcourtles prairies émaillées de fleurs ,plonge fa trompe dans leur ca-lice nectariscre. La douce liqueurdont il s’enivre, semble lui donnerplus de gaieté, plus de feu, plusd’action , plus d’agilité. Heureuxdans scs amours, il ne sc reposeque pour jouir. Ses ailes légèresle transportent de plailìrs en plai-sirs. Dès qu'il en a cueilli lafleur, il s’élance & va goûter ail-leurs les douceurs de l'inconstance8c de la nouveauté. II y a desPapillons femelles qui pondentjufqu’à 4, y , 6 8c 700 œufs. IIn’est pas aisé d’attraper cet infectevolage. Pour le prendre au vol,on se scrt d’un petit réseau degaze ou de foie monté fur un fild’archal emmanché d’un bâtonléger. Une prelíion même légeredes doigts fur le corcelet, les faitpérir. Ce qui frappe l’obscrvateurdans scs organes du Papillon, c'estque la circulation du sang sc fait"dans un sens contraire à celui oùelle se faifoit dans la Chenille.Ses yeux à réseau , scs ailes char-gées d’nne pouslîere farineuse dont .chaque grain font autant de tui- „les implantées fur un tissu degaze très-fl n , les formes différen-tes de scs ailes, leurs couleursvariées à l’infini, quelle richesse!que de beautés ! Que de merveil-les dans la structure des Papillons,dans leur fécondité, dans le nom-bre des efpeces ! C’est fur-toutde l’Amérique, des Indes 8c dela Chine que nous viennent cesbeaux Papillons qui font l’orne-