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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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RAV

Chien. C’est un petit animal qui,s’il pouvoir se naturaliser dansnotre climat, scroit d'un grandsecours dans nos jardins pour ladestruction des insectes mal - fai-sants.

RAVE. On en distingue de deuxespeces : la vraie Rave, Sc la Ra-ve ou Navet, toutes deux (fu-stige en aliment, cependant ven-teuses & de difficile digestion. EnAuvergne Sc dans le Limousin,on les fait cuire fous la cendre.Les paysans s’en nourrissent. Ellesdonnent un bon goûta la soupe.On fait usage du sirop de cetteplante pourlcs coqueluches dan-sants & les rhumes tenaces. Sadécoction est bonne pour les en-gelures. On voit des Raves quipèsent jusqu’à quarante 2c cin-quante livres. Les Raves de sa-lade que fournissent les Minimesde l’assy, font dues à une cul-ture particulière qui consiste àlaisser tremper vingt-quatre heu-res la graine de Rave dans l’eaude riviere, chaude en hiver, àl’exposer ensuite vingt-quatre heu-res à f ardeur du soleil dans unÇetit sachet ; & lorsqu’elle vienta germer, on la seme sur un ter-rein préparé , exposé au soleil,couvert d’un baquet; au bout detrois jours , les petites Raves le-vent Sc font bonnes à manger ensalade.

RAVEL. Cet insecte commundans les isles de l'Afrique , leglistc dans les magasins & les cof-fres , ronge tout ce qu’il rencon-tre excepté le coton qui n’est pasmis en oeuvre, communique sonodeur puante à tout ce qu’il tou-che, multiplie prodigieusement.Chaque oeuf est intérieurementdivise en trente cellules qui con-tiennent autant d’embryons. Lapropreté & plus encore les boisde senteur & les odeurs fortes,semblent les éloigner. II y a dans

RAY 447les istes de l’Amérique de très-gtosses Araignées qu’on a grandloin de conserver pour la destruc-tion des Ravets. Voyez síraìgnécd'Amérique.

R A Y- Grajs,faux Froment. Cetteplante bien disscrente du faux Sei-gle & de la fausse Orge, est uneespece d’Ivraie qui, suivant lesAnciens, n’est qu’un Lied dégé-néré faute de culture; son foin estregardé comme un excellent four-rage pour les Moutons, les Che-vaux & les autres bestiaux. II estplus tendre, si l’on a foin de lefaucher, quand l’épi est fermé.On distingue l’espccc rouge &l’espece blanche. On en fait desprairies artificielles; elles réunis-sent au mieux par les foins dela culture , ne souffrent aucunesmauvaises herbes, Sc étouffentjusqu’aux Orties. Huit scptiersde Ray-Grass d’Itlande , du prixde soixante-douze livres, suffisentpar arpent ; le Ray-Grass de Lor-raine à six ou huit sols la livre,est bien inférieur, il en faut centvingt, livres par arpent.

RÉALGAR. Espece d’atsenicrouge combiné avec le soufre. Surle feu cette substance exhale uneodeur de soufre Sc d’ail. Les Ma-réchaux s’en servent pour lesplaies des Chevaux. Elle est auffiemployée par les Orfèvres. EnAsie l’on en fait des vases médi-camenteux , couverts d’une pous-sière jaunâtre, après qu’on les alavés, ce qui provient de l’efllo-rescence arsenicale. Les Grandid’A sic font préíent de ces vasesaux étrangers comme pieces cu-rieuses. Les idoles des Indien*& leurs pagodes sont de Réal-gar. A u reste , c’est un poisontrès-dangereux; Sc si les Siamoisse servent des vases médicamen-teux dont on vient de parler, c’estque leilr tempérament modifiépar un climat plus chaud que le