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II y a deux manières de rendre compt^ des Finances :
L’une, qui sembleroit préférable au premier coup-d’œil, consisteroít àexposer l’imiversalité des revenus ordinaires, & l’univerfalité des dépensespareillement ordinaires, c'est-à-dire, telles qu’elîes seroient sans la guerre ;mais un pareil état seroit aisément susceptible d’erreurs , & la vérificationde tous les articles dont il seroit composé, présenteroient de grands embar-ras. En effet, un tel compte devroit réunir fous une feule dénomination,les objets de même nature ; mais comme le payement en est réparti entrediverses trésoreries, tant à Paris que dans les provinces, personne ne pourroitjuger de l’exactitude des calculs, ou du moins 011 ne pourroit y parvenirqu’à l’aide d’un très - grand travail.
J’ai donc pensé qu’il falloit adopter une forme plus simple & plusévidente, en ne composant le chapitre des revenus que des versemens quifont faits au Trésor royal par les différentes cailles, déduction faite descharges qu’elles font tenues d’acquitter , & en ne portant pareillement dansla colonne des dépenses que les parties qui font payées par ce mêmeTrésor royal.
Par exemple, les Vingtièmes, la Taille & la Capitation, impositionsque les Receveurs généraux perçoivent, se montent à environ Cent qua-rante-neuf millions ; mais par des états approuvés annuellement au Conseilde Votre Majesté , les charges assignées fur cette recette s’élèvent àenviron Vingt-neuf millions; il est donc simple de ne porter en revenu net,disponible, que l’excédant à verser à votre Trésor royal par les Receveursgénéraux.
Ce que je dis du revenu des Recettes générales, s’applique également aubail de la Ferme générale, aux Domaines, aux Postes , aux Pays d’Etats, &c.chacune!de ces parties importantes consiste aussi dans un produit connu furlequel des charges annuelles font assignées, & le surplus est versé au Trésorroyal. . __
Quant aux dépenses payées par le Trésor royal , comme elles fontprincipalement composées de sommes fixes destinées aux divers départemensou d’autres objets faciles à vérifier ; cette seconde partie sera pareillement àl’abri d’objection ou d’obscurité.
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