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Compte rendu au Roi / par M. Necker, directeur général des finances
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public; quil devoit sy trouver habile, après sètre occitpé toute fi "viedétudes absolument diiìèrentes ; que passant fréquemment d'une Généralitédans une autre, il perdoit par ces changemens, le fruit des connoissanceslocales quil avoit acquises ; & quenfin, le rang dans le Conseil, auquelil aspiroit pour récompense, lengageoit à quitter la carrière de lAdmi-nistratiou, au moment ses lumières, augmentées par f expérience , lemettoient en état dètre plus utile.

Réfléchissant ensuite sur la multiplicité des objets qui font soumis àla surveillance dun Ministre des Finances, je nai pu comparer létenduede ses obligations avec la mesure de ses forces , fans reconnoître sensible-ment quil existoit une disproportion réelle, entre létendue de p Administration& les moyens de lAdministrateur. Je ne fais mème si un homme timoré,décidant de son cabinet & sur des aperçus rapides , tant de détails inté-ressais pour les habitans des Provinces, na pas quelques reproches à sefaire : je fuis sùr du moins quil a souvent des craintes délicates quiinfluent fur son bonheur. Sans doute , on commence par consulterPlntendant: mais si les plaintes roulent fur fa propre Administration; íìcest la conduite de ses Subdélégués quon attaque ; si ce font les idéesmême quil a rejetées quon veut faire adopter, & si cependant tous lesdétails qui doivent éclairer ne peuvent être demandés quà lui , ny a-t-ilpas dans cette constitution un vice, auquel toute lattention dun Ministredes Finances ne sauroit suppléer? & peut-, à de telles conditions, secroire un sùr garant des intérêts divers qui lui font confiés ? Non fansdoute, & le plus. important service quil peut rendre , le plus granddevoir quil ait à remplircest de faire connoìtre linsuffiíànee des facultésdun homme, pour une semblable Administration, & den révéler, pourainsi dire, le sécréta son Maître.

Ce tableau meût affligé, sans doute, si en mème-temps je nav ;is pasaperçu quil étoit un ordre de choses , tous ces inconvéniens seroientprévenus , & le bonheur & la prospérité de vos Provinces dépendroientbeaucoup moins des qualités & des forces dun Ministre de vos Finances.

Cest fous ce point de vue que jai proposé à Votre Majesté, de fairelessai dAdministrations provinciales, composées des Propriétaires de diíferensordres, qui sastembleroient tous les deux ans, L qui, dans lintervalle,