C 6? )
tés , & le sacrifice nécessaire pour ce dédommagement' íeròit balancépar les íiipplémens d’une ou d’autre nature, qu’on pourroit exiger desProvinces où le prix du Sel seroit infiniment diminué ; & tous ces calculsfont déjà préparés.
En établissant un prix uniforme pour le Sel, je ne pense pas qu’ilconvînt en aucun cas d’en mettre la diltribution hors des mains des Offi-ciers préposés par Votre Majesté. Ces Officiers & ces Employés , dontles salaires font réglés , coûteroient bien moins aux Peuples que les bénéficesdes Marchands ; d’ailleurs il est important qu’on veille for la bonne qualitéd’une pareille denrée, & qu’aucun abus ne s’y glisse. Enfin cette productioi*étant de première nécessité, il seroit imprudent de .Pexposer à. des accapa-re mens faciles, & qui occasionneroient nécessairement de grands mouvemeusdans les prix.
Au reste, quelque raisonnable que soit une nouvelle législation fur lesGabelles, for-tout aux yeux d’un Souverain qui porte fon attention & veilleavec le même intérêt for toutes les parties de son Royaume, on doit s’at-tendre que les Provinces habituées à la franchise du Sel, verroient avecpeine toute espèce de changement ; mais si Votre Majesté íè détermine unjour à approfondir cette importante affaire, je crois que dans une matièreauffi délicate, & for laquelle on est dominé depuis long-temps parl’habitude,il fera conforme à son esprit de sagesse de n’arrèter aucun plan définitif,sans savoir auparavant communique à ses Parlemens , aux États & aux Ad-ministrations provinciales: les États de Bretagne , for-tout, & ceux d’Artoisdevroient être consultés , mais en leur manifestant avec simplicité & franchiseles vues justes & bienfaisantes de Votre Majesté, & en les invitant àconcourir par leur zèle & par leurs lumières au bien du Royaume & à lasatisfaction particulière de Votre Majesté, se suis persuadé qup les diffi-cultés s’aplaniroient ; au lieu qu’en envoyant des Loix avant que la questioníut examinée, & avant que les esprits fussent préparés, Votre Majesté setrouveroit peut-être forcée à déployer fon autorité, malheur présent pour unbien à venir , qu’il est de la bonté d’un Monarque de prévenir*, mais c’estencore ici un ouvrage qu’on ne peut entamer au milieu de la guerre, tempsoù tous les momens sont précieux pour le repos & la confiance.