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signes distinctifs , & dès-lors leurs Étoffes confondues extérieurement avectoutes les ÉtoíFes étrangères, étoient de même sujettes à des saisies : l’Admi-nistration cherchoit bien a tempérer dans ses décisions, la rigueur des Loix,mais le Commerce n’étoit pas moins exposé à des discussions & à des lenteurs
D’un autre côté pour aplanir tous ces obstacles , anéantir absolument,& par une Loi positive toute espèce de règlemens, de marques ou d’examens,c’étoit risquer la réputation des Fabriques françoiíès, c’étoit ôter aux Consom-mateurs étrangers & nationaux la base de leur confiance, enfin c’étoit aller con-tre les idées des vieux Fabricans qui avoient vu leurs Manufactures & cellesde leurs pères, prospérer à sombre des Loix d’ordre.
C’est au milieu d’une pareille confusion & de ce combat de principes, queje me fuis occupé avec M. rs les Intendans du Commerce, des moyens d’apla-nir ces difficultés & de concilier les' différentes vues d’Administration. L’oncroit -y être parvenu par les Lettres patentes que Votre Majesté a rendues«u mois de mai 1779 , & dont toíifes les dispositions tendent à ménagerà Peíprìt inventif des Manufacturiers son essor & sa liberté, sans priver lesEtoffes qui seroient fabriquées d’après d’anciennes règles , du sceau qui l’atteíle.On a pensé auíîì qu’il étoit essentiel de simplifier ces règles, afin de rendreleur observation plus facile & moins contentieuse, & c’est ce qui a été exé-cuté par diverses Loix qui ont suivi les Lettres patentes dont je viens de parler.
En même tems que j’ai donné une attention générale aux Loix Fonda-mentales des Manufactures, j’ai cherché à encourager celles qui manquoientencore en France, & je puis assurer Votre Majesté que le génie de ses.Sujets est tellement propre aux Arts & aux Manufactures, que PAdministrationn’a pas besoin de se déterminer à beaucoup de sacrifices, pour faire jouirle Royaume de toute l’étendue & de toute la perfection d’industrie qu’on peutdésirer encore. L’essentiel est de protéger cette industrie par des Traités qui soientfavorables au Commerce.
Ce n’est pas cependant que les difïerentes sortes de Manufactures soientégalement répandues dans vos Provinces , mais cette uniformité n’est pasnécessaire; peut-être même y a-t-il des iticonvéniens à vouloir, par de tropgrands euceuragemens, établir dans certains lieux les mêmes Fabriques qui