DE PLUSIEURS MACHINES, &c. 7
' Quand on tire la corde C, elle fait que le rouleau A A s’entortillantLux cables EE monte en haut avec la poulie , ÔC qu’en même tempsil éleve le tonneau, qui rencontrant, lorsqu’ii est en haut, la barreH lui sait verser l’eau dans le réservoir I, p:.rce que la barre faisantbaisser l'un des bouts du fer coudé K , l’autre bout fait ouvrir la sou-pape L, laquelle s’ouvre aussi, lorsque le tonneau étant descendu dansl’eau il s’y enfonce par fa peíanteur ; & l’eau y entre facilement, àcause que l’essieu qui entretient le tonneau a des ouvertures qui don-nent passage à l’air, qui en fort à mesure que l’eau y entre , & celafait que le tonneau ne s’emplit que jusqu’ aux essieux > & que le passa-ge , que l’air trouve par leurs ouvertures, aide à faire sortir l’eau,lorsque la soupape étant ouverte elle coule dans le réservoir par le gou-let M.
Cette Machine est plus simple que ìes deux autres dans ce qui ap-partient à l’élevation, mais elle ne le fait pas avec tant de force , par-ce qu’on suppose que la corde C est immediatement tirée avec lesbras, & non par le moyen des leviers- II faut remarquer que dans laseconde Machine les leviers n’agiísent pas comme dans la premiere enappuyant dessus, mais en les levant; ce qui est fut pour la commoditédes mouvemens, qui font mieux placez derrière la Machine , que s’ilsétoient du côté que le fardeau est élevé : car pour ce qui est de cesdeux maniérés de faire agir les leviers, l’une revient à l’autre, parcsque si l’on ne peut pas faire autant tourner le rouleau en levant les le-viers qu’on le fait en les abbaissant , il est vrai aussi qu’on le fait avecplus de force, un homme ne pouvant agir en appuyant que par fa pe-santeur, au-lieu qu’il peut remuer en levant le double de fa'pesan-teur.
II n’est pas difficile de comprendre que ces Machines agissent fansfrottement, & qu’elles n’ont point cet obstacle , qui dans toutes lesautres résisté à la puissance qui les remue à proportion que le fardeauest plus pesant ; parce que ne s’agissant que du pliement des cables,bien-loin que la roideur que leur donne le poids - qu’ils soutiennent ré-pugné à leur pliement, il est vrai au contraire que plus le cable estétendu par la pesanteur du fardeau, Sc plus il a de disposition à seplier: car il faut considérer que comme pour le pliement d’un cable ilest nécessaire que les parties, qui font au côté où il sc plie , s’accour-cissent, il est certain que ce c^ui dispose ces parties à s’accourcir disposele cable à se plier ; ôc il est evident que plus les parties ont été allon-gées, êt plus elles demandent à sc raccourcir, quand la cause qui lesallongeoit vient à cesser; 6c c’est ce qui arrive aux parties, qui font ducôté vers lequel le cable fe plie ; parce que la traction , qui allongeoitles parties qui font depuis A jusqu’à B dans la Fig. VI. n’allongeplus celles qui font à l’entour du rouleau C , depuis B jusqu’à E;puisqu’ au contraire le pliement qui les resserre les raccourcit en tout
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