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cet endroit. Et il est constant encore , que pour cet accourciflementil n’est point besoin de leur faire aucune violence , puisqu’elles y sontportées par leur inclination naturelle, qui fait que les choses, dont lesparties ont été étendues par violence , retournent d’elles-mêmes 8cfans aucun effort extérieur en leur premier état.
A l’égard de Pobflacle que le frottement apporte au mouvement desMachines ordinaires, & de l’importance du moyen que les Machinesproposées fournissent pour les en rendre exemptes, il n’êst pas difficilede faire voir ce qui en est ; voici les expériences qui en ont été fai-tes.
On a attaché deux bassins de balance aux endroits C & D de la pre-mière Figure page 694. dans chacun defquels on a mis une livre deplomb , & pour faire trébucher le bassin D on a trouvé qu’il falloitseulement un gros, 6c qu’ib en falloit cinq pour faire trébucher lebassin C; parce que dans celui-ci (ainsi qu’il a été dit) il y a frotte-ment des points E & F du rouleau A contre l’appui ; 6c que pour lemouvement du bassin D il n’y a aucun frottement, la pesanteur du far-deau ne faisant point que les points du rouleau s’attachent aux pointsde l’appui, 6c n’empêchant point qu’ils ne se quittent pour laisser allerle rouleau vers l’endroit où le bassin doit trébucher.
Mais ce qu’il y a de plus remarquable c’est , qu’à mesure qu’on najouté des poids dans les bassins il a fallu aussi ajouter quelque choseà proportion pour faire trébucher le bassin C , qui agit avec frotte-ment , en forte que comme cinq gros ont été nécessaires pour fairetrébucher une livre , il en a fallu dix pour deux , quinze pour trois,vingt-cinq pour cinq. Et le gros, qui a fait trébucher une livre dansTautre bassin de la balance, qui agit fans frottemepr, a suffi pour fairetrébucher les deux, les trois, les quatre , 6c les cinq livres > & appa-remment il suffira toujours, quelque poids que l’on ajoute, de mêmeque dans les Machines où il y a frottement il faudra que ce que l’onajoute pour faire trébucher aille toujours croiíìant par la même pro-portion, à mesure que le poids du fardeau fera augmenté. Et cela vaafsès loin , principalement quand le mouvement est interrompu : caralors la résistance croit de pies de la moitié , ainsi que l’experiencele fait voir dans la roue d’une Grue ; parce que lorsqu’un homme ymarche, s’il s'arrête, il est obligé de monter bien haut pour la remet-tre en train ; ce qui arrive , parce que les inégalitez des parties qui fetouchent ont le loisir de s’engager les unes dans les autres ; ce qui neleur arrive pas lorsqu’elles sont en mouvement.
Machines pour traîner les fardeaux.
C Ette Machine employé le rouleau fur un plan horizontal. Cequ’elle a de particulier c’est premierement, qu’ elle entretient les
rou-