22 Voyages
tous les ans de cette líle plus de trois mil-lions de livres de sucre brut. La plupartde leurs moulins font íur les ruisseaux quitombent de cette haute montagne qui estau centre de l’Isle. Les habitansqui n’ontpas la commodité de ces ruisseaux pour fai-re tourner leurs moulins , lé fervent debœufs pour cela ; & souvent ils y em-ployent leurs esclaves. J’ai donné dansmon Voyage des Isles de l’Amérique unlong traité du sucre , dans lequel on peutvoir les différens moulins dont on fe sert ,ou dont on peut fe servir pour cette manu-facturer Si les habitans de S. L borné nerendent pas leurs lucres plus blancs, c’estleur faute s ou c’est parce qu’ils manquentd'Ouvriers pour les travailler. Car de direque la graisse du terrein empêche qu’on nepuisse dégraisser suffisamment le luc ues Can-nes , c’est fe mocquer du monde. Nousavons aux Isles des terres extrêmementgrasses, qui produisent des Cannes qui ontle même défaut; & cependant on en vientà bout, & on fait du sucre parfaitementblanc. Quant à l’humidité du pays , quiempêche, dit-on , que le sucre ne lèche ,il n’y a qu’à le mettre dans des étuves, lansvouloir éxiger du Soleil qu’il prenne cettepeine.
On a planté des vignes cn cette Isle : el-les y viennent en perfection, & portent tou-te l’année , c’est-à-dire trois fois par an.Elles produisent des raisins blancs , desbleus & des noirs : elles sont toujours char-gées;