110 Voyages
ceur jusqu’à plus de vingt lieues dansl’Océan.
Cette rivière fameuse est la sépara-tion du Brésil & de la Guyanne ; sonembouchure seroit comme une mer , sielle n’étoit pas occupée par un grandnombre d’iiles , qui font plusieurs ca-naux entre elles , dont la nominationn’est pas des plus aisée.
Les bords septentrionaux sont couvertsd’une infinité de beaux Arbres , entrelesquels il y a des forests entières de ca-caotiers , dont les fruits gros & biennourris sont excellons. C’est l’Auteur dela nature qui les y a plante?,, auffi sont-ils de toute autre grandeur & grosseur,que les plus beaux & les mieux cultivezqui soient dans toutes les Istes. La rai-son en faute aux yeux. Le terrain desprémiers est profond, gras, frais, iln’aselon les apparences jamais servi , qu’àces seuls arbres, ils y font comme dansleur païs natal. C’est un revenu con-sidérable pour ceux qui font en posses-sion de ce païs , parce qu’ils n’ont au-tre travail & autre dépense à faire qu’àvenir deux fois chaque année faire lesdeux récoltés de ces fruits, les faire ref-luer & sécher sur les lieux & trouver desMarchands à qui les vendre, ou des Vais-seaux pour les transporter en Europe, oùla consommation qui s’y en fait est fortavantageuse aux propriétaires des Arbres,
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