18 Mémoires pour l’Histoire
neau n’étoit pas de l’espece des nôtres, il étoitformé pai un ver roulé , & appliqué exacte-ment par le côté du dos, contre les parois dutrou. Ces vers ainsi posés par lits, les uns au-dessus des autres, & même pressés les uns con-tre les autres , quoique pleins de vie, n’a-voient pas la liberté de se mouvoir.
Mais pourquoi ces vers étoient-ils ainsi ar-rangés en pile, pourquoi même étoient-ils là ?II est aisé de le deviner, mais on ne fçauroitassés l’admirer. Nous bavons déja dit, & nouspersistons à l’assûrer , notre guêpe ne laissequ’un œuf dans chaque trou, dans chaque nid:de cet œuf doit sortir un ver carnacier, maisqui ne s’accommoderoit pas comme le fonttant d’autres vers, de chairs corrompues ; il n’ya que des animaux, & certains animaux vi-vants , qui soient de sou goût : sa mere lui enfait la provision qui lui sera nécessaire pourfournir à sou accroissement complet. Elle rem-plit la petite caverne dans laquelle jl va uaître,d’animaux qû’il n’auraqu’à dévorer les uns aprèsles autres : quoique leur grandeur surpasse prodi-gieusement celle qu’il aura au moment de sanaissance, il mangera à son aise celui qu’il setrouvera le plus à portée d’attaquer,sans avoirrien à en craindre, ni même d’être incommo-dé par ses mouvements , & ainsi des autres,parce que la guêpe les a tous posés & assujet-tis de façon qu’ils ne sçauroient se mouvoir.
Au relie, l’espece de guêpes que nous con-sidérons , n’est pas la feule qui pourvoye d’u-ne façon si singulière à la subsistance de sespetits. Nous verrons bien - tôt que d’autresespeces de guêpes proprement dites, & de guê-pes