iZD Mémoires pour l’Histoire
pierre, où la petite masse de terre dure étoitd’uu tel poids qu’il ne pouvoit se promettrede la lancer en s air avec sa tête par - delà lebord du trou commencé. M. Bonnet aprèsen avoir épié un grand nombre, a eu le plai-sir d'en surprendre plusieurs dans cette cir-constance embarrassante; il a vû toute la man-œuvre à laquelle ils ont recours alors. Le for-mica-leo se détermine à porter la masse in-commode où il ne la peut jetter : il sort dusable, il se montre entier à découvert; en a-vançant ensuite un peu à reculons, il fait pas-ser le bout de son derrière sous la petite pier-re, & en allant encore un peu en arriére,&en faisant faire à ses anneaux des mouvementsconvenables, il la conduit vers le milieu deson dos, & í’y met en équilibre. Maisledif-fìcile est de la conserver dans cet équilibre.
{ jendaut le transport, eu montant à récri-ons le long d’une pente déja escarpée ; demoment en moment la charge est prête à tom-ber, soit à droite,soit à gauche: ce n’est qu’enabbaissant ou élevant à propos certaines por-tions de ses anneaux, que le formica-leo par-vient à la retenir. Enfin, malgré tous ses ef-forts, & malgré tout son sçavoir en tours d’é-quilibre , la pierre lui échappe quelquefois,elle roule dans le fond du précipice; il a lecourage d’aller l’y rechercher, & de faire denouveaux essais de son adresse & de sa force. IIdonne ainsi de grandes preuves de patience, lors-que, comme M. Bonnet l’a vû, il retourne àcinq ou six reprises sc charger d’uu fardeauqui lui a échappé autant de fois : le formica-