DES INSÊCTES. 201
avec facilité, j’ai eu à la fols pendant plusieursjours k la campagne, un grand nombre de nym-phes fixées dans un lieu où il m’étoit aise deles voir toutes d’un coup d’œil ; une des piè-ces d’une tapisserie de toile peinte d’une cham-bre très-bien éclairée, & lapiécequiétoittrès-garnie. On apportoit fur cette piéce toutes lesnymphes qu’on avoit prises hors de l'eau; elless’y trouvoient bien, & la plupart se crampon-noient à demeure, assés près de l’endroit oùon les avoit placées: aussi y avoit-il peud ! heu-res dans le jour, où cette piécé de tapisseriene fournît un spectacle amusant & varié. Pourl’essentiel, la métamorphose de ces nymphes endemoiselles n’a rien de différent dé celle des‘crisalides en papillons, & de celle de différen-tes autres nymphes en mouches, soit à deux,soit k quatre ailes: dans toutes c’est toûjoursunanimal qui quitte une dépouille fous laquelleétoient cachées, & hors d’état de se dévelop-per, des parties qui, quand elles font mises aujour, le fònt paraître tout autre qu’il u’étoitauparavant. La métamorphose dont il s’agitk présent, a pourtant ses particularités que nousallons détailler.
La nymphe qui s’est fixée, & dont les cor-nées paraissent beaucoup plus transparentesqu’elles ne l’avoient paru jusque-lk, íè tienttranquille : les mouvements par lesquels la trans-formation est préparée, se passent dans son in-térieur : le premier effet sensible qu’ils produi-sent, est de faire fendre en-dessus la partie dufourreau qui couvre le corcelet : par la fentequi s’y est faite, on volt une portion qui Re-lève bien-tôt au-dessus des bords de la fente »I y le