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Tome sixième, seconde partie.
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294 Me'moires pour l’Histoire

qui avoient la lumière pour foyer a : il en pa-roissoic des infinités qui se croisoient en toutsens, qui étoient dans toutes les inclinaisonsimaginables les unes par rapport aux autres,& quiétoient plus ou moins excentriques. Chaque zo-ne étoit faite d’une file continue d'éphémeres,&fembloit un galon d’argent contourné en cer-cle, & profondément découpé, un galon faitde triangles égaux, mis bout à bout, de ma-niéré qu’un des angles de celui qui suivoit,étoit appuyé sur le milieu de la base de celuiqui précédoit : c’étoìt un galon mû avec unegrande vitesse. Des éphémères dont on nediítinguoit alors que les ailes, 6c qui circu-loient autour de la lumière, formoient cetteapparence : chacune de ces mouches, après a-voir décrit une ou deux orbites, tomboit à ter-re , ou dans l’eau, mais fans s’être brûlée au-paravant.

Au bout d’une demi-heure, & même plutôt,la grande pluye d’éphémeres commença à s’af-foiblir, les nuées de ces mouches furent moinsépaisses, & le devinrent de moins en moins:enfin vers les dix heures, à peine en voyoit-on voler quelques-unes fur la riviere, &iln’yen avoit plus qui vinssent se rendre à la lu-mière.

Je devois être curieux de sçavoir si le mêmephénomeme reparoîtroit le lendemain & lesfours suivants: le vingt me fit voir une aussiprodigieuse quantité d’éphémeres, que celle quej’avois vûë le dix-neuf; mais elle fut notable-ment moins grande le viugt-un, à peine y en

eut-il

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