298 MEMOIRES POUR l’HisTOIRË
■ damaient une telle nuit, pour faire entendrequ’on a commencé à voir des éphémères, ouqu’il y en a eu beaucoup.
Celles qui étant tombées fur Peau n’y ontpas été d’abord la proye des poissons, n’en pé-rissent guéres plus tard, elles sont bien-tôt
• noyées: le reste des éphémères tombe fur lesbords de la rivière, ou aux environs. La du-rée de la vie de celles-ci ii’est pas si courte;mais autant vaudroit-il pour elles que leur fineût été plus proche: entassées les unes fur lesautres, fans avoir assés de force pour changerde place, fans fe donner aucun mouvementconsidérable , & très-mal à leur aise, ellesmeurent les unes après les autres: celles quipoussent leur vie le plus loin, & qui font par
• rapport aux autres plus que des centénaires,voyent lever le soleil. Parmi des milliers quej’avois mis le soir dans une cloche de verre,Sc dans des poudriers, le lendemain à six heu-res du matin j’en trouvai deux en vie ; maisce íònt-là de grandes exceptions à la régie gé-nérale ; la vie ordinaire de ces mouches íf estque de deux ou trois heures, encore faut-ilpour cela qu’elles ne tombent pas dans la ri-vière. La durée ordinaire de celles que Swam-merdam a le plus observées, est de quatre àcinq heures.
Je retournai à Paris- le vingt-deux à dix heu-res du soir ; mais je laissai une personne char-gée du foin d'obferver si les éphémères paroî-troient les jours suivants : elles fe firent voir■encore pendant qtlatre à cinq jours, leur quan-tité allant toujours en diminuant. Ainsi quand•les pêcheurs disent que la manne ne tombe que
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