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Tome sixième, seconde partie.
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des Insectes. 297

que le temps étoit arrivé où il restoit beau-coup moins de nymphes dans la riviere.

Quelle qu’ait été pendant le jour la tempé-rature de l’air , qu’il ait fait chaud ou froidpour la saison, que le soleil ait toujours bril-lé , ou qu’il ait plu abondamment, l’heure àlaquelle nos éphémères commencent à se tirerde leur fourreau, est donc la même, & uneautre heure paroît marquée, par-delà laquelleil ne leur est plus permis de le faire. Elimoins de deux heures ce nombre de mouchesaisés immense pour former en l’air des nuées,& y faire tomber une grosse pluye & conti-nue”, sort donc de la riviere, & au bout de cesdeux heures, elles laissent à l’air toute fa sérénité.

Mais qu’est devenue cette prodigieuse quan-tité de mouches, quand il n’en paroît plus dansl’air ? Elles font déja mortes ou mourantes pourla plupart, une grande , & très-graude partieest tombée dans la riviere même. Les pois-sons n’ont aucun jour dans l’aunée où ils puis-sent faire une aussi ample chère, où il leur soitaussi aisé de se gorger d’un mets délicat : gour-mands comme ils font, s’ils sçavent prévoir,ils voyent avec regret que leur estomach nesçauroit suffire à recevoir toute la pâture quiest à leur disposition, 8c qu’ils en laisserontbeaucoup plus perdre qu’ils n’en peuvent man-ger : ces jours íont donc pour eux des jours derégal, une manne leur tombe du ciel. Lespêcheurs ont aussi donné à nos éphémères lenom de manne, & c’est celui fous lequel ellesfont connues d’eux le long des rivières du roy-aume: ils disent que la manne a commencéà paroître , que la manne a tombé abon-N y dam-