gi 6 MEMOIRES POUR L’HlSTOlRE
‘ termes différents de vie plus ou moins longs, dé-voient être donnés à différentsanimaux, dépen-dent d’une totalité de vûës qui n’estpasà notreportée. Mais peut-être est-il plus aisé de de-viner pourquoi ces quantités immenses d’éphé-meres dévoient naître en deux ou trois jours,& dans deux à trois heures de chacun de cesjotjrs; car ces temps fixés à leur naissance sem-blent une suite nécessaire de la courte vie qui[ feur a été accordée. Dès que l’Etre, dont les• volontés sqnt lumière & puissance, vouloir queleur especé se conservât, & fournît chaqueannée le nombre d’individus qu’elle donne,quoique la maniéré dont les mâles opirentla fécondation des œufs, ne nous soit pas assésconnue, il est sûr qu’ils Topèrent, & que pourl’opérer , ils doivent rencontrer les semellesou leurs œufs. Or s’il eût été réglé que lamême quantité de semelles & de mâles quinaît en trois ou quatre jours, & seulementpendant deux à trois heures de chaque jour,uaîtroir h toutes les heures du jour, & celapendant un ou plusieurs mois, il est évidentqu’il seroit arrivé très rarement que les fe-melles & les mâles auroieut pu se joindre:pour peu qu’il eût fallu se chercher, ilsn’au-roient pas eu le temps de se trouver avant quede mourir; la plupartdesfémelles seroientpé-ries fans que leurs œufs fussent devenus fé-conds, la quantité des individus eût été chaqueannée en diminuant, &l’espece, quelquenom-breuse qu’elle fût, eût pu être détruite.
La conjecture précédente est confirmée pardés mouches de plusieurs especes, qui appar-tiennent à la classe des éphémères: jamais on
ne