34 <5 Mémoires pour l’Histoïre
quelconque : ii lui étoit impossible d’en sortir,& il l’étoic à tout autre de s’y introduire. Cepuceron mis dans une solitude qui ne pouvoitêtre troublée, s’eít métamorphosé; il y eíldevenu ailé, & ti’a pas tardé ensuite adon-ner des petits vivants. Cette expérience quia été répétée plusieurs fois avec le même suc-cès , a donc prouvé incontestablement: queles pucerons,pour devenir féconds, n’ontpasbesoin de s’accoupler avec d’autres puceronsaprès leur dernière métamorphose , & ques’il y a entr’eux des accouplements nécessai-res, ils la précédent.
En quel tems donc de leur vie les puceronssont-ils fécondés, dès que celui où ils doiventl’être, n’eít pas le temps prescrit aux autresinfectes? Dans l’embarras où l’on étoitdesça-voir à quel terme d’accroissementilsenétoient,lorsque les embryons pouvoienti commencer àse développer dans leurs corps, on étoit con-duit à soupçonner que non - seulement ils a-voient été soustraits à la régie qui a fixé pourles autres insectes le temps de l’accouplementaprès leur dernière transformation , qu’ils l'a-voient même été à celle qui demande que toutanimal connu jufqu’ici, ne puisse contribuerala multiplication de son espece,sans le secoursd’un autre animal de cette espece. Enfin il é-toit assés naturel de soupçonner que le puce-ron qui vient de naître , n’a pas besoin d’ê-tre fécondé , qu’il ne lui reste qu’à finir soncroît, pour devenir en état de mettre aujour des petits. Au moins paroissoit-il qu’oupouvoit s’assuret si une idée si étrange, maisnon dénuée de probabilité, étoit vraye ou