358 Mémoires pour l’Histoire
Bonnet feroient à L’Académie, je tardai peu àlui lire sa lettre du 13 Juillet, dans laquelleelles étoient détaillées. 11 parut à l’Académieentière que M. Bonnet avoit porté les pré-cautions & les foins même au-delà de ce qu’oneût osé le souhaiter: quelque convaincue qu’el-le fût qu’il n’avoit rien négligé pour éclairertoutes les démarches de son puceron, qu’il a-Toit été pour lui un Argus plus difficile à trom-per que celui de la fable, elle jugea néanmoinsqu’une feule expérience, quoique très-bienfaite, ne suffisoit pas pour ôter tout doute parrapport à un fait contraire à une loi dont lagénéralité avoit semblé établie par le concoursunanime de tous les faits vus jusqu’alors. Oun’a que trop d’exemples de circonstances quiont échappé à des yeux clairvoyants & atten-tifs. L’Académie ne put donc s’empêcher dedeíirer que la même expérience, fût répétéepar M. Bonnet, autant de fois, & fur le plusde pucerons de différentes especes qu’il lui se-roit possible; je fus chargé de l’en prier de fapart, & je le fis. J’ose dire même qu’uti faitíi étrange demandoit à être vû & attesté pardifférents Observateurs, & j’espérai que ceuxavec qui j’ai le plaisir d’être en relation, fe-roient tout ce qui seroit en eux pour s’aísûrerde fa réalité; c’étoit une grande & intéressantte nouvelle dont je ne manquai pas de les in-former: je récrivis d’abord à Strasbourg à M.Bazin, en l’exhortant à faire une expériencequejesçavois qu’il entreprendroit volontiers.M. Tremblcy qui est le prémier à qui l’histoi-re naturelle a fait voir des faits plus éton-nants encore, & plus merveilleux que celui