3<5o Mémoires pour l’Histoire
des risques. Les premières tentatives que jefis pour m’aíTûrer si ces insectes étoieut fécondspar eux-mêmes, m’eulTent appris la vérité dece fait, si ceux fur qui je les fis, avoient étéd’une efpece dont les pucerons âgés feulementde sept jours, font en état d’accoucher ; carun des pucerons du chou, à qui j’avois inter-dit tout commerce avec les autres pucerons,avoit neuf jours lorfqu’il périt. Ceux du pa-vot méritent encore d’être préférés à beaucoupd’autres,en ce qu’ils font de ceux qui restentvolontiers & plus long-temps dans une mêmeplace. Quoiqu’en général les pucerons soientaisés sédentaires, il y en a pourtant qui aimentà marcher, & les courses, même fort courtes,sont souvent funestes à ceux qui sont renfer-més : plusfoibles peut-être que ceux qui jouis-sent d’un air libre,il leur arrive aisés ordinai-rement de tomber de dessus leur feuille, &ils ont toujours peine à sc relever de leur chu-te ;s’ils tombent dans l’eau, ou seulement surdes corps rendus humides par celle qui est em-ployée à conserver la fraîcheur aux feuillesdont ils sc doivent nourrir, ils périssent im-manquablement. Ce fut donc fur un pucerondu pavot que M. Bazin fit fa première expé-rience. Le 29 juillet il tint sous ses yeux, &fur une feuille de cette plante, une mere àqui il avoit déja vû faire plusieurs petits, &qui en faifoit sortir un de son corps ; dès quecelui-ci fut né, dès qu’il ne tint plus au corpsde la mere, il l’enleva doucement, & le mitfur une feuille de pavot qu’il avoit examinéeavec soin pour s’assûrer qu’aucun autre puce-ron n’y étoit attaché, il plongea la queue de
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