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dividus de leur espece; mais tant que le froiddure, & dès qu’il commence à se faire sentir,ils ne sont plus en état d’accoucher. Les fœ-tus qu’une mere n’auroit pas mis au jour, nepourroient croître, ni probablement vivre dansson corps, dès que le froid scroit devenu ru-de, ils y périroient & en se corrompant, fe-roient périr la mere même. La vie des puce-rons semble donc courir moins de risque pen-dant la fâcheuse saison, si avant qu’elle arri-ve, ils ont pu parvenir à se délivrer de tousles fœtus dont leur corps étoit plein , s’il n’yrelie que des germes dont le développementne commencera à se faire qu’au retour d’unesaison plus douce. S’il étoit donc en leur pou-voir, dès que les froids commencent à se fairesentir, de se délivrer de tous leurs fœtus quine font pas à terme,ils devroient sacrifier cesfœtus tardifs, hors d’état de résister au froid,& dont la fin ne sçauroit être que funeste, &se conserver eux-mêmes pour une postéritéqu’ils feroient naître dans des temps plus heu-reux. Les insectes les plus tendres pour lespetits qui méritent leurs foins, ceíl'ent de l'ê-tre pour ceux qui ne sçauroient venir à bien.C’est de quoi ce volume nous a donné des e-xemples remarquables dans l’hisloire des guê-pes ; quand les approches de l’hyver se fontsentir, elles tuent impitoyablement, ou peut-être charitablement, tous les vers & toutes lesnymphes pour qui elles avoient montré tantd’affection ; elles semblent sçavoir que ces vers& ces nymphes mourroient bien tôt de froid& de faim, Sc qu’en abbrégeant leurs jourselles abbrégent leurs souffrances. Mais s’il