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Tome sixième, seconde partie.
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Z§8 MEMOIRES POUR L’HlSTOI.RB

dont la fémelle d*une taille égale à celled’un bœuf ou d’un chameau , met au jourun animal aussi grand qu’elle-même, qui dès-qu’il est né , est parfait & n’a plus à croî-tre, scroit pour le moins pris pour un hom-me qui débite ses rêveries. II nous paroî-troit faire des contes aussi peu dianesd’être écoutés, s’il nous disoit qu’il a vu ungrand oiseau pondre ua œuf d’un volume siénorme, qu’il en sort par la suite un oiseauégal en grandeur & en tout semblable à ce-lui qui a pondu l’œuf. La merveille racontéede l’animal ovipare ne seroit en rien plus cro-yable que celle qui auroit été rapportée duvivipare ■ elle le seroit même moins, car lacoque de l’œuf augmente encore le volumed’une masse jugée beaucoup trop grande pourêtre contenue dans le corps de la mere. Enun mot on ne parviendroit pas à faire croireaux hommes les plus crédules, qu’il y a uneespece de poules, par exemple , qui pond desœufs d’où fort une poule, ou un coq, qui,dans le moment même où il paroît au jour,ne cede aucunement en grandeur à la mere,.ni au mâle par qui elle a été fécondée. Quel-que petit que fût l’oifeau mere auquel le pro-dige seroit attribué, fût-il plus petit qu’uncolibri, ou qu’uu oiseau mouche , ce prodigen’en paroîtroit pas moins une fable. La mer-veille n’est ici en rien augmentée ou diminuéepar la petitesse de l’animal. L’imagination &même la raison seront toujours révoltées,lors-qu’on voudra faire concevoir un animal nais-sant aussi grand que pere & mere. J’ai pourtantété conduit par degrés à soupçonner que i’his-

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