r Lettres • choisies ’
m'en a marque plusieurs, & il m’a mime dit, qu6ce puissant génie étoic sujet à de certaines [bible!-ses qui ne lui permettoient pas de s’appliquer beau-coup à ['étude ; outre que les grandes a fraises dontil étoit chargé l’occupoient presque entierement.Mais il failbit par d’autrcs ce qu’il ne pouvoir pasfaire par lui-meme. II u’épargnoit rien pour avoirà lui des gens de lettres qui fussent capables de luidonner des extraits de ce qu’il y avoir de meilleurdans les bons Auteurs, fur tout dans les anciens.
Monsieur du Laurens dont je vous parle qui s’estretiré dans ['Oratoire aprés la mort du Cardinal,étoit chargé de lire plusieurs Eciivains, principa-lement ceux qui ont écrit en Grec, & d’en extrai-re tout ce qu’il y avoit de plus beau ; soit pour laPolitique , soit pour la Religion : & asin d’enga-ger plus fortement au travail ceux qu’il employoit,outre une certaine pension qu’il leur donnoit par an,il leur payoit en particulier chaque cahier des Mé-moires qu’il luifournissoient.
Quoique M. du Laurens fût encore jeune &qu’il n’eut pas même une literature fort extra-ordinaire , il le chargea sou! d’un ouvrage quidemandoit les secours des plus habiles Théo-logiens de l’Europe. Mais il esperoit suppléer parson adresse Se par sa politique a ce qui manque-roit à la perfection de cet ouvrage. II communiquaà ce Ministre converti le deilein qu’il avoit defaire rentrer dans ['Eglise tout ce qu’il y avoitde Huguenots en Erance. Il lui dit qu’il ne vou-loir point se servir de voies violentes ; que la: dou-ceur lui paroissoit un moyen plus efficace pour lesrapeller , que les loix de la rigueur. Il íe propofoitde gagner les Ministres qui seroient moins obsti-nés que le peuple , parce qu’ils avoient plus decapacité. Ils s’agit uniquement, disoic-il, de les ati-ïer à une conférence, Sc de les convaincre publi-