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Il est temps que nous entrions dans un détailplus exact: de l’Iíle de Santorin. Rien n'est plussec & plus stérile que son terroir, néanmoins quoiqu J il ne soit que pierre ponce pilée , fes habitanSpar leur travail Sc par leur industrie ont fait unverger de la plus ingrate terre du monde ; Scquelque désagréables que soient fes côtes, San-torin est un bijou en comparaison des Istes Voisi-nes ; au lieu que l'on ne voit dans Nanfio quili’en est qu'à 18. milles, que des chardons & desépines fur une terre excellente de fa nature. O Urecueille peu de froment à Santorin , beaucoupd’orge , beaucoup de coton , Sc du vin en grandeabondance : ce vin a la couleur de celui du Rhin ,mais il est violent & plein d’efprits : on le portépar tout 1 ' Archipel Sc jusques à Constantinople;cette liqueur & les toiles de coton font le princi-pal commerce de l'Iste : les femmes y cultivent lavigne , tandis que les hommes vont vendre leurâvins. Les plus belles vignes font dans une plaineaudelà de Pyrgos au pied de la montagne de SaintEstienne ; on les y cultive à peu près comme enProvence ; c'est à dire que les seps en font relevezen maniéré de réchaut : le coton y est taillé de mê-me, & vient en arbrisseau comme nos Groifeliers,par ce qu'on ne l’arrache pas tous les ans de mêmeque l'on fait dans les autres Istes : c'est pourtantla même efpéce que J. Bauhin a nommée Cotonherbe , & qu'il a distinguée du Coton arbrisseau.
Les fruits font rares en cette'ste, excepté lesfigues : on y apporte l'huile de Candie, & lebois de Radia : ce ne font que brossailles de Len-tifque & de Kermes ; auíïì la rareté du bois estcause qu'on ne mange gueres de pain frais dansSantorin: ordinairement on n'y fait du pain d'orge
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