y
Prosodie Françoise: z;;
fcrvations, que l’on ai: fâites fur l'harmonie de laprose: en second lieu, sur quel fondement, & à quel-le occasion elles se firent: troisièmement, en quoicette harmonie consiste : 6c enfin, comment ondoit en user. Voici donc, sur ces quatre points,le précis de fa doctrine, mais dépouillé de ce quin’a rapport qu’au Latin,6c accompagné de ce quiregarde le François.
Prémièrement, il est certain que le nombreoratoire n’a été trouvé,ou du moins réduit en Art,que long-tems après la mesure du vers. Cicéronen reconnoit ïsocrate pour le principal auteur, 6cIsocrate n’a vécu que plus de six cens ans aprèsHomère. Pour ce qui est des Romains, il paroi tque Cicéron, à cet égard, fut leur Isocrate. Quoiqu’il en soit, les Romains n’ont jamais su que cequ’ils apprirent des Grecs. Aujourd’hui encore ,quoique tous les siècles & tous les peuples noussoient connus, il faut convenir qu’en ce qui con-cerne les beaux Arts, les Grecs du bon siècle, quifut celui de Philippe 8c d’Alexandre, font toujourseux seuls, ou du moins préférablement à tous au-tres, les précepteurs du genre humain. Puiíqu’unenation, si attentive d’ailleurs aux grâces du langa-ge, tarda si long-tems à trouver le nombre ora-toire ; c’est une consolation pour nous, qui neconnoissons ce genre d’harmonie,que depuis Mal-herbe dans les vers, 6c depuis Balzac dans la pro-se. Je parle de Malherbe, parce qu’en effet le nom-bre dont il s’agit ici, n’est nullement la mesure duvers : 6c au reste je dis indifféremment, nombre ,harmonie , cadence , pour exprimer la même idée,qui dans un moment se débrouillera tout-à-fait.
Mais, en second lieu, comment le nombreoratoire fut-il observé, & sur quel fondement?Rien de plus simple, dit Cicéron: 8c je m’éton-
ne,’
I