io Voyage au Camp
noms pour épouvanter les petits eníans,& nous leur disons qu’ils mangent leshommes, nous votons cependant qu’ilsíont fort honnêtes, Stqu’ilsontcommenous du bon fens& de la raison. Je ré-pondis à cela, qu'u n des plus grands pro -fits que les voïageurs retirent du com-merce qu’ils ont avec les Etrangers, c’estd’être détrompés des préjugés ordinai-res à ceux qui ne sortent point de leurpaïs : que par cette même raison on croiten France qu'il ne faut qu’être Arabepour n’avoir rien d’humain que la figu-re , maisqu’on reviendroit agréablementde cette fauíîè opinion, si tous fes Francspouvoient avoir Je même honneur queje recevois en cette Audience.
Ce Prince demanda ensuite ce qu’ilpouvoit faire pour moi, Sc quelétoit lesujet de mon voïage. Comme ce n’estpas la coutume en ce p aïs de parler d'af-faires lejourqu’on arrive, quiestdesti-né à la cérémonie, je lui répondis quec etoit fa grande réputation feule, quim’avoit fait entreprendre ce voïage, &que je le priois bien fort de souffrir queje demeurasse quelques jours auprès defit personne: il me dit que j'en étois lemaître, que je lui ferais un très-grand
plaisir