j-8 Voyage au Camp
plume tirés d’un côté Sc d’autre pour luidonner, à la maniéré des Orientaux ,quelque marque de grandeur.
Le Secretaire ordinaire, qui ne íâvoitpoint écrire en Turc , écrivoit en Ara-be indifféremment à toute forte de per-sonnes, il lui fallait tout un jour pourfaire le brouillon d’une Lettre , l'Emirçn mettoit autant pour la corriger, &ce qu’il lui falloit de temps encore pourja mettre au net, traînoit toutes les af-faires dans une longueur prodigieuse ; desorte que ce Prince se votant servi sipromptement, Sc considérant la manié-ré dont je faisois ses Lettres , en grandpapier, d’un caractère qu’il n’étoit pasaccoutumé de voir, Ôc avec des magni-ficences qui lui étoient jusqu’alors in-connues, il nageoit dans la joïe, sonchagrin sut diíîîpé , Sc il revint dès lemême jour à son humeur ordinaire.
Je priai l’Emir de me donner les au-tres Lettres, avec un mémoire de ce qu’ilfalloit répondre à chacune, &je lui pro-mis d’achever ses dépêches pour lelendemain au soir, à quoi je ne manquaipoint ; car ayant commencé à y travail-ler dès la pointe du jour, tout sut prêtà midi, que j’allailui portermes expédi-tions