6r Voyage au Campque je leur écrivis ; il n’y avoir rien defì aisé pour moi , que de leur donner cecontentement j ils furent tous si heureuxqu’aucun d’eux ne fût refusé ce jour-lá,K ils s’en retournèrent en me donnantdes benediétions 5c des louanges fansnombre.
Je paílai environ un mois dans cet ex-ercice : je voyois venir tous les matinsune quantité de ccs pauvres gens avee unmorceau de papier dans une main, 6c unprésent dans l’autre, pour avoir deux outrois lignes d’écriture , que je leur don-nois fur le champ. L’un m’apportoít duTabac, l’autre un peu de Café, d'au-tres un mouchoir, un Agneau, du fro-mage , du miel, 6c du fruit, chacunselon son pouvoir , 6c selon lé mérité dela chose qu’ils vouloient obtenir du Prin-ce : íì j’avois reçu tout ce qu’ils m’ap-portoient, il y auroit -eu de quoi tenirun marché abondant devant ma Tente :mes gens prenoient quelquefois un peude Tabac ou de fruit; pour moi je re-fufois généralement tout, leur faisantconnoître que ce n’est pas la coutumedes François de servir leurs amis par in-térêt , que je n’avois pas besoin de ceschoses-là , ni chez l’Emir, ni ailleurs,
que