72. Voyage au Camppar pelotons, les uns d’un côté, les au-tres del’autre.
Pendant qu’on mangeoit, ÔC qu’onbeuvoit à la ronde, onfit venirunetrou-pe de gens, qui joiioient du haut*bois,de la flûte Sc de ces violons lugubres,dontj’aidéjaparlé, qui accompagnoientquelques voix enrouées, on voï'oit la plu-part de ces Arabes attentifs à ces chan-sons , qui les ravifloient julqu’à l’ixta-se , tenant toujours la t aile à la main.Le repas tut long, & l’on ne quitta latable que pour fe reposer dans quelquerecoin de la Tente, & pour recommen-cer à boire mieux qu’auparavant. C’estainsi qu’on se régala pendant deux joursSc demi que le vin dura. Les tonneauxne furent pas plutôt vuides , qu’on fon-geoit aux moïens d’en avoir d’autres,ce qui étoit un peu mal aisé , à moinsqu’il n’arrivât un pareil malheuràquel-qu’aûtre vaisseau. Les Arabes , quiavoient suivi ces Emirs, en eurent quel-ques seaux en partage, ainsi chacun eutía part du régalé.
Je remarquai que parmi une si grandequantité de gens. qui burent du vin, iln’arriva pas le moindi e détordre ; ils gar-doient tous leur íerieux , Sc ceux qui
avoieot