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Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
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quon cria quon voyoit un Nanire : on crût dabord que cétoitune Pangaye qui venoit au devant de nous * & quon envoyoitde la Côte pour nous donner des nouvelles de la Flotte. Chacunse faisoit un plaisir de voir arriver ce petit bâtiment, & on futfâché de ce quon le perdit de vûë pendant quelque tems; maisnôtre joye se changea bien-tôt en tristesse, quand nous recon-nûmes que ce que nous avions pris pour une Pangaye , étoitunNavire de haut-bord , quil étoit suivi dun second , puis duntroisième, & enfin dun quatrième. Nous ne pouvions encorediscerner de quelle nation ils étoient, mais ayant bien - tôtaprès qué cétoit des Vaisseaux de guerre, chaque Capitaine or-donna quà tout évenement on tint deux pieces de canon prêtes.Après que ces Vaisseaux eurent tiré plusieurs fusées & fait beau-coup de signaux, un se détacha & saprocha si près de nous, quenous pouvions aisément lui parler ; nous connûmes par la lumiè-re que nous voyions paroître de tems en tems quil se préparoitpour nous combattre. Alors nous lui tirâmes un coup de canonà balle, le boulier passa beaucoup au dessus de ce Navire ; il nousrépondit dun pareil coup , & séloigna pour aller reconnoîtreles autres Vaisseaux qui le reçûrentde la même maniéré. Nousnavions que le Galion & trois Navires. Le S. Thomas sétoitséparé de nous avant que nous eussions doublé le Cap de Bonne-perance ; le S. Joseph ri étoit pas en état de faire une vigou-reuse résistance, le Commandant & les principaux Officiersétoient malades, & lon navoit point de tems pour se préparerau combat. LEnnemi ayant aperçû que ce Vaisseau étoit foible,il lui donna toute sa bordée, & allaenmême-tems rejoindre íbnEscadre. Elle étoit de six Navires, sçavoir de trois Anglois &trois Hollandois, chaque nation commandoit fa semaine alter-nativement ; il y avoit près dun mois quils étoient venus de Ja-catra dans ce parage : ils tenoient la Mer pendant le jour ; & lanuit ils moùilloientprès de terre. Peu de tems avant que de nousattaquer, ils apperçûrent une Pangaye quils crûrent venir de laRiviere de Quama. Le Navire Anglois qui commandoit lui don-na chasse, ôc la poursuivit si vivement, quil alla échouer lui-*me sur un banc qui étoit près de la Coste ; il ne pût jamais se re-lever , & les Ennemis furent obligez dy mettre le feu, après enavoir tiré léquipage, le canon, & les munirions. Nous espérâ-mes que cette perte nous faciliteroit le moyen de nous sauver ,