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Voyage Historique D'Abissinie / Du R. P. Jerome Lobo ... ; ... Traduit du Portugais, continué & augmenté de plusieurs Dissertations, Lettres & Mémoires. Par M. Le Grand ...
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*6 RELATION HISTORIQUE

sieurs rivières navigables ; que par tout nous trouverions desgens qui nous enseigneroient le chemin, Sc nous conduiroient,sil étoit neceíïàire ; enfin dun desert affreux on faisoit un paysabondant & délicieux. Ces discours nous plaisoient - parce quilsétoient conformes à nos désirs i mais nos Supérieurs qui nevoyoient rien de solide dans tous ces discours, ne sçavoient nice quils dévoient nous prescrire, ni à quoi se déterminer : jusquàcequun de mes Compagnons & moi faisans réflexion que touschemins nous étant également inconnus, nous navions pointdautre parti à prendre que de nous abandonner à la Providence,nous allames trouver nos Supérieurs, & nous les priâmes de nouspermettre de tenter la route de Melinde. Ils y consentirent ; ainside quatre qui dévoient aller par terre , deux [prirent le chemin deZeila, & mon Compagnon &. moi celui de Melinde. Chacun seprépara pour son voyage ; les deux qui étoient destinez pourZeila, sembarquerent fur un Vaisseau More qui alloit à Caxem.Ce navire appartenoit à un Roy ami des Portugais, & Seigneurdune partie de l'Ifle de Sotocora. Nos Peres furent reçûs parcePrince avec toute forte de courtoisie ; il [leur donna même uneembarcation pour les porter à Zeila, sans sçavoir quil les en-voyoit à la mort. Le Cheq qui commandoit à Zeila, ne les reçutpas moins bien quavoit fait le Roy de Caxem. II donna avis auRoy son Maître de leur arrivée, & bien-tôt après il reçut ordrede les envoyer à Auxa, ce Prince tenoit ía Cour. Ces deuxMissionnaires avoient jusques- tout sujet de se louer des bonstraitemens quon leur avoir faits depuis leur départ de Goa ; maisà peine furent-iîs à Auxa, que ce Prince leur prit tout ce quilsavoient. On les enferma dans une obscure & triste prison , & ilny a point de cruauté quon nexerçât à leur égard. Le Roy dA-biísinie, qui avoir appris par des Lettres des Indes la méprisede son Secretaire, ne douta point du malheur arrivé à ces deuxJésuites. II les réclama , il offrit de donner toute chose au Royde Zeila, pour lobliger à les mettre en liberté, ou à les lui en-voyer. Les bons offices de lEmpereur non seulement furent inu-tiles j mais ils ne servirent quà allumer davantage la colere & lacruauté du Roy de Zeila. Ce Prince étoit extrêmement irritécontre le Sultan Segued. 11 laccusoit davoir fait mourir un deses Ambassadeurs, qui étoit véritablement mort de maladie, enAbiísinie. 11 étoit encore excité par plusieurs Seigneurs A bis.

fins.