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ligion Musulmane dans ses Etats ; il lui demanda même des Doc-teurs pour la prêcher & fçnseigner. II avoir chargé de cette né-gociation un Chrétien & Un Mahométan : ce dernier qui avoir lesecret du Prince; commença à mépriser son Compagnonjces deuxEnvoyés se brouillèrent & ne purent convenir fur rien ; mais leMahométan se sentant appuyé à Moca ; fit mettre le Chrétien enprison & le traita avec un mépris qui ne se pardonne gueres. Tantqu’on fut à Moca & à la Cour de l’Yemen, honneurs,presens, toutfut pour le Musulman, qui continua à traiter le Chrétien avec unmépris & une hauteur extraordinaire ; mais au retour le Chrétieneut fa revanche. A peine furent-ils arrivés à Baylur, que celui-ci prend le devant, publie par tout où il passe ; & particulière-ment dans le camp ; que le Roy vouloit introduire le Mahome-tisme dans ses Etats ; qu il avoit demandé des Docteurs Musul-mans ; que l’Yemenluíen envoyoitun, qui alloit arriver avecl’autre Ambassadeur. Ce fut une révolté generale ; le peupleexcité par les Moines se soulevé ; & les Moines eux-mêmes sontses premiers à prendre les armes : on entend tout le monde crier,qu il faut détrôner le Roy & mettre à fa place un Prince capablede conserver & défendre la Religion. Jamais Basilides n’eutplusde peur , il eut assés de peine à sc faire entendre, il nia d’avoir en-voyé chercher le Docteur Mahométan, il rejetta tout fur la Reineíàmere,quì étant petite fille d’uneMufulmane,confervoit toujoursun grand penchant pour la Secte de Mahomet. On ne voulut pasl’écouter,parce qu’on fçavoit qu’iìavoit eu plusieurs entretiens par-ticuliers avec ce Docteur. Enfin,(è voyant en danger de perdre toutd’un coup & la Couronne & la vie , il renvoya son Musulman àpetit bruit, comblé d’honneurs & de richesses.
Comme le projet de Basilides ne put être exécuté à cause de latrès grande opposition qu’il trouva de la part de ses sujets, Mr. Ru-dolf soutient que jamais Basilides n’a pû avoir cette pensée ; il tâ-che de le prouver par plusieurs raisons de convenance. II nie demême que ce Roy a été assés barbare pour faire mourir le PrinceClaude son frere ; mais nous avons fur cela ses lettres du PereBernard Nogueïra qui étoit alors en Ethiopie, celle du Pere Tor-quato Pisani Jésuite, (il y a lieu de croire qu’il arriva en ces tems-làà Maçua, ) le témoignage d’AlphonseMendésqui ditavoiraprislamême chose de quelques Abissms qui étoient passés aux Indes. IIfaut pour réfuter des faits si bien certifiés avoir d’autres preu-