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tit,& Tlnvoyé après avoir attendu un an inutilement, s’en retour-na à Batavia. C’est Poncet lui-même qui a mandé cette avantureau Consul du C aire; il en ajoute une autre. Un Grec Capitaine d’u-neSaique passa àBombaye avec des lettres du Negus dans le des-sein d’aller en Angleterre ;les Angloisne jugèrent pas à propos delui laisser faire le voïage. II demeura à Bombaye, il persuada àAgrapi Marchand Arménien d’envoyer un Navire à Maçuaavecun Facteur ; s Arménien le crut. Le vaisseau arrivé avec le Facteurà Maçua, le Grec lui dit qu’il va faire venir les Marchands & lesmarchandises, & lui demande sept cens écus pour son voïage. LeFacteur fut assés simple pour les lui donner,& depuis il n’a vû ni leGrec ni son argent. Ces exemples écrits par Poncet même étoientd’assés bonnes instructions, dont on auroit dû profiter.
Murat Eben Magdeloun n’étoit pas aussi habile que le vieuxMurat ; il ne trompa que ceux qui voulurent être trompés, & onfit sagement de lui persuader de demeurer au Caire, & de donnerau Pere Verseau Supérieur des Missions de Syrie, à MonhenaqltChancelier du Consul & à Poncet les lettres & les préíens du Royd’Abissmie pour le Roy. Ces trois députés partirent vers le com-mencement d’Octobre ils arrivèrent à Paris à la fin dë Tan-née 1701. On fit voir dans cette grande Ville Poncet avec la robe& le brasselet d’or massif, dont le Negus l’avoit honoré.
Pendant qu’on menoit ce Chirurgien ou Médecin de maisonen maison,où il debitoit ses mensonges avec d’autant plus de har-diesse qu’il trouvoit peu de gens en état de le contredire, on fai-soit examiner la lettre de créance de Murat par des personnestrès versées dans les langues Orientales, & qui n’ignoroient nil’histoireni les moeurs des Abistìns. On n’y remarqua aucune cho- ^se qui pût faire croire que ce fut une lettre de créance ; on jugeaau contraire qu’elle pourroit avoir été faite pour être rendue auConsul qui avoit écrit par Poncet au Roy d’Abissinie 5 on y trouvades fautes considérables pour le stile & pour l’ortographe ; la pro-fession de Foi que les Rois d’Abissinie ont coûtume de faire dansleurs lettres étoit très défectueuse ; enfin on fut très surpris de lireà la fin de cette lettre. Donné k Gondar Capitale des Villes Ethiopie.
Gondar ou Guender, comme l’écrit Mr. Ludolf, n’est qu’uncamp & n’est point Capitale des Villes d’Ethiopie. C’est ^ 4 xumad’où les Abissins font appellés Axumites , & hors cette Ville Ca-pitale on n’en connoît point d’autres dans toute TAbislinie. Mal-
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