1*4 RELATION HISTORIQUE
gré toutes les preuves de fausseté & de supposition qu’on trouv^dans les lettres de Murat Eben Magdeloun, on voulut lemen&germon lui envoya des présens pour l’Empereur son Maître &pour lui ; on ordonna qu’il seroit défrayé jusqu'à son départ duCaire. On résolut dé répondre à l’Ambassade duNegus par uneautre Ambassade, d’établir une Mission de Peres Jésuites pour l'E-thiopie, & de l'entretenir aux dépens du Roy. Le Pere Verseau &Poncer prirent congé de Sa Majesté, & partirent pour Rome avecdes lettres très fortes & très pressantes pour le Cardinal de Jan-son. Monhenault retourna en Egypte.
Comme on étoit dans le goût des Missions, qu’on ne parloir quederéùnir àPEglise Catholique uneinsinité de Sehismatiques, onvît venir à Paris un certain Ibrahim d’Hanna - Syrien de Nation &de Religion Maronite, envoyé de la part du Patriarche dAdexan-drie.On trouvera parmi nos preuves uneRelation écrite par cet En-voyé même, & traduite en François. II arriva à Marseille au moisde Juin, il écrivit au Pere Fleuriau, & ce Pere au Ministre de laMarine, le priant de tenir cette affaire très secrette, de peur d'exci-ter la jalousie deslurcs. On prit ces précautions un peu tard, leTur avoitdéja donné son Olla pour défendre aux Francs d’allerenAbissinie. Les Missionnaires voulurent le révoquer en doute;maison vît cet actebien-tôt après à Paris, &il fut traduit par Fa-bre, ce Provençal qui périt en allant en Perse où il étoit envoyé dela part du Roy.
Lors qu’Ibrahim d’Hanna parut en France, le Pere Verseau& Poncer travailloient avec chaleur à Rome. Le Cardinal deJanson les avoit conduits lui-même à l’audience du Pape s ils enfurent très bien reçus, fa Sainteté fit 1 éloge des Jésuites, les ap-pelant les colomnes de PEglise. Au contraire elle blâma beaucoupla conduite des Religieux reformés de Saint François d’Italie.Ceux-ci néanmoins avoient obtenu depuis deux ans un bref con-tradictoire à celui que les Jésuites avoient eu trois ans auparavant.Les Religieux Italiens parloient très mal du Patriarche d Alexan-drie , & de Murat ; ils disoient que ce dernier étoit un fourbe &un imposteur, que les lettres qu’il avoit apportées pour le Pape,& qui avoient été présentées à fa Sainteté par le Pere Verseau &par Poucet étoient fausses & supposées, & qu’eux avoient les vé-ritables. On ne sçavoit qui croire des uns & des autres; maispeut-on penser que le Roy d’Abiffinie ait écrit au Pape en ces