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termes. Je ne doute point que tous les malheurs arrivésàmes «Etats & à mon Peuple ne viennent de nôtre séparation duChef «de l’Eglise. Envoyés moi deux ou trois habilesMislìonnaires pour --m’instruire dans la Foi , & pour réparer la perte que nous avons -faite du PereBrevedent. «
Le bon & vertueux Missionnaire, mort avant que d’arriver àGondar, s’appeloit véritablement Brevedenf, mais il n’avoit jamaisvû TEmpereur d’Ethiopie, & n’étoit connu que fous le nom deJoseph. Les Rois Ayasou ou Jaso &Teidahaimanot ne Rappellentpoint autrement dans les lettres qu’ils écrivirent au Roy de San-naar & qu’on trouvera dans nôtre recueil.
Ibrahim d’Hanna se logea à Paris près de la Maison profesledes Jésuites, il fut défrayé aux dépens des Missions de Syrie pen-dant près de trois mois, il avoir des lettres pour le Pape, pour leRoy, pour le Ministre & pour le Pere de la Chaise. On donnera latraduction que fit Dipi des lettres qui étoient pour le Roy. Ibrahimdit lui-même qu’il fut traité comme Ambassadeur, que non-seule~ment il eut plusieurs conférences avec le Ministre de la Marine,mais qu’il eut l’honneur de saluer le Roy, que sa Majesté eut labonté d’entrer dans toutes les vues du Patriarche d’Alexandriepour la Mission d’Ethiopie, qu’il y eut ordre au Consul de toutconcerter avec le Patriarche, que lui Ibrahim eut une médailléd’ordu Roy , des lettres de protection, & cinq cens écus pour sonvoïage, que le Ministre de la Marine en les lui donnant lui deman-da s’il étoit content, parce que le Roy vouloit qu’il le fût.
Ibrahim partit de Paris vers la fin d’Octobre, il arriva à Romeau commencement de Tannée 1703.1e Pere Verseau en écrit ainsipar sa lettre d u 16. Janvier.
L'Envoyé du Patriarche d’Alexandrie est enfin arrivé le fixie- «me du courant. La premiere chose qu’il fit après son arrivée ce «fut d’aller rendre ses devoirs à Monseigneur le Cardinal de Jan- «son, St de lui remettre la lettre dontil étoit chargé pour son Emi- «nence qui lui fit un très favorable accueil, lui promit toute forte «de protection, & lui dit qu’il vouloit lui-même le presenter au -Pape selon l’ordre qu’il en avoitreçû duRoy. En]effet, avant hier «le matin , quoique son Eminence eut été incommodée deux «jours auparavant, & quelle eut pris un remede, quoique le tems <*fût très mauvais, elle eut la bonté d’envoyer prendre l’Envoyé *dans un de ses carrosses & le conduire au Vatican avec un magni-
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