192 RELATION HISTORIQUE
que l’Auteur du petit livre intitulé, Protestant Pacifique, dit cesmots page 52. [ tf Nos Reformés François ne se sont jamais sépa-1» rés des Espagnols ni des Italiens, mais seulement de leur Con-,, citoïens & des seules Eglises de France qui nous rappellent par„ la bouche de tous les Prélats, & par conséquent c est aux décla-rations quelle nous fait que nous devons nous tenir. „ ] C'est à-dire en bon Grec & en bon François, que chacun retourne doitil est sorti; que l’Anti-Melchite retourne chés les Melchites,l’Anti-Calcedoniste chés les Calcedonistes; FAnti-Papiste, chésles Papistes ; l’Anti-Romaniste, chés les Romanistes ; l’Anti-Primatiste , chés les Primatistes : Grœcis Grœcifandum, Latinis La-tinijdndum , omnibus ,Jtve Latinis , Jive Grœcis primatifandum Jìvepctpijandum , fed & Leoni Papœ ìpji Calcedonifandum ; alioqui Léo cfede Romand Canonice deponatur. Par qui ? Je réponds, parleCol-lege Electoral des Cardinaux, sinon par une puissance égale ausaint Concile de Calcédoine,c’est-à-dire,par Messeigneurs lesEtats Généraux de toutes les Provinces-Unies, non des Païs-Bas,mais de toute la Chrétienté. Le Pape d’ailleurs étant aussi peusupressible ou abolissable quel’Episcopat,parceque l’un&l’au-tre est de droit Divin. C’est là «dnalyfis Jolidœ Cathoiicitatis , &c.
M Onsieur Ludolfavoit prié M. Piques son ami de lui parleravec franchises^ de lui mander son sentiment. M. Piquesqui íentoit la Religion attaquée n’avoit garde de se taire. II parledonc, comme on le vient de voir, avec force & vigueur pour ladéfense de la vérité. M. Ludolfne pût pas soutenir le choc ; il priten très mauvaise part les avis que son ami lui donnoit : il cessa delui écrire, & leur commerce fut entierement interrompu.
Mais nous ne pouvons nous empêcher d’observer ici combienM. Ludolf a varié dans ses sentimens, lui qui traite si mal Wanflebpour n’avoir pas pensé de même étant Catholique & Religieux,qu’il faisoit étant Protestant. M. Ludolf n’a point de honte de faireimprimer avec d’assés longues Notes les réponses de F ArménienMorad ou Murat, comme une déposition bien vraie & bien au-thentique de Fétat présent de FAbissmie, & particulièrement ence qui concerne la Religion. II a bien voulu ignorer que ces Mar-chands Arméniens qui courent le monde, tel que ce Morad ouMurat, n’ont gueres d’autre Religion que leur commerce. Aussiquand M. Ludolf écrit à son Ami Ôc qu’il est pressé de dire la ve-