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raison de dire que le Roy Basilides a fait mourir son frere Claude 1& que Mr. Rudolf n’en a aucune de le révoquer en doute.
On verra encore que Basilides a véritablement envoyé deuxhommes vers le Roy d’Yemen, pour avoir des Musulmans habi-les & capables d’enseigner le Mahometifme. quoique Mr. Ru-dolf ose soutenir, dans son bisioire liv. z. chap. 14. n°. 34. &suivant 5 que le Pere Tellez n’écrit cela que par haine contre cePrince. Exquo , ut alimde cognoscitur , odio confiEíum fuijje id. quodTellejìus tradit,quajì Rex Habejjìnorum , mijjis tn ^Arabiam légatis, fia-mifmi Jìudio doóíores Muham medanos pro HabeJJìnis petivijset } qmdfal-sum effe, etiamJi nemo dìceret ,attamen ex rébus gejlis ,quas nos dejçrip/i •mus, quilibet medïocri judìcio prxdìtus intelligere potejl. II repete lamême chose dans son Commentaire fur la préfacé de son histoiren°. 57. II est vrai que le More qui avoit été chercher le DocteurMusulman,& ce Docteur Musulman furent très mal reçus,qu’il fu-rent obligés de fe tenir cachés ,& que tous les Abissins fe soule-vèrent ; mais cela n’empêchepas que le Roy, prévenu du besoinqu’il avoit d’être secouru par les T ures, n’eût envoyé vers eux >qu’ils ne lui ayent envoyé un Docteur pour établir leur Religion ;que Basilides ne Tait comblé de prefens, lorfqu’il a été obligé dele renvoyer.
Mr. Rudolf a crû souvent que son imagination pourroit sup-pléer au défaut des Mémoires qui lui manquoient, qu’il pouvoitfaire valoir de mauvaises raisons,lorsqu’il n’en avoit pas de bonnes.
Tant qu’il a eu son Grégoire auprès de lui, il lui a fait dire toutce qu’il a voulu, & Grégoire étoit un homme incomparable. OnrS. a fait graver son portrait, on a fait son éloge. Nunc. dit Mr Rudolf,*ad Gregorium HabeJJìnum pergimus^cui max imam H ijloriœ mjlne par-tent j privatim , equx alium autorem non habent : ut & cui accmatio-rem lingux Ethiopiex cognitionem debemus .... Primis pueritix annis lifte-ras didicerat , in iifque tantum profecerat,ut inter fuos clarus atque egregiedoâíus haberetur : quamobrem titulum ^Abba meritusfuit.
On auroit peut-être fort embarassé Mr. Rudolf, si on lui avoirdemandé quelles études avoit fait ce fameux Abistin,ce qu’étoitdevenu son esprit,depuis qu’il étoit passé en Allemagne. Quelqueséloges qu’il lui donne, il le fait souvent parler comme un hom-me dont les connoissances & l’eíprit étoient très bornés ; aussi a-î-il bien diminué de ses louanges dans la Préfacé de la derniereédition de son Dictionnaire. On auroit de la peine à le croire , fí