D’ABISSINIE. i 9S
hous ne rapportions ses propres termes , les voici.
Qmd ai Gregorium Ethiopem mettm attinet , cujus autoritate nonnunquam ujusfm m prœfatione prioris editionis , illum ut ut fatis doc-tum , in verbis rarioribus sœpe dubitavijse , multa [écus ex res erat expo-suijse, plurima vero ignoravijje .... ipst Gregorius, tum coram , tum perUt ter as , ignorantiam suant libenter confejsus ejl.
Quelle gradation ! pour les mots ou les expressions qui n’é-toient pas ordinaires souvent. II ajoute, il en a expliqué plusieurstout de travers, il en a ignoré encore beaucoup davantage , enfinil a franchement avoué son ignorance, & par écrit & de vive voix.
Et c’est là le Docteur que consulte, que suit Mr. Ludolf, lorsqu’ilVeut nous expliquer la Religion des Abistlns. II préféré le témoi-gnage de cet homme à ces Liturgies qu’il a entre les mains, &qu’on le presse de donner au public. Nous le répétons encore, ja-mais personne en Europe n’a egalé Mr. Ludolf, ni peut-être nel’égalera dans la connoissance de la langue Ethiopienne ; mais dequelle utilité lui a-t’elle été pour l’Histoire qu’il nous a donnée ? Etquant aux secours que TEglife auroit pû en tirer, il les a rendusinutiles par fa mauvaise foi. Les Abiíïins font Jacobites, il nousles represente ou comme des Luteriens, ou comme des Calvi-nistes , & en voulant excuser les abus qui se sont glissés parmi eux,ou leur attribuant des erreurs qu’ils n’ont point, il fait de l'E-glise d’Abissinie une Eglise imaginaire, qui n’a de réalité que dansses fausses idées. Voici encore un des témoins ou des Héros deMr. Ludolf ; c’est Pierre Heyling de Lubec, qui en 16 ? y. passa enAbissinie avec l’Abuna Marc dans le dessein d’y répandre l’hé-resiede Luther, ou peut être quelqu’autre qu’il avoir dans latête. II semble par le rapport de Mr. Ludolf, & par celui du Pa-triarche AlphonseMendés que c’étoit une efpece deQuietiste,Mr.
Ludolf dit, * Magifìris ufus ejl , quifincerx,pietati impense dediti erant\ * Comment;ut proprerea novxEnthufîajlarum se ci a fuspe£li haberentur.'LeVâtûârches’explique ainsi ; omnia mira, objeuritate ad spiritum referebat. Tousdeux conviennent qu’il avoir l’esprit fort doux. Mr. Ludolf ditavec Wansteb qu’il sçavoit le Grec , l’Hebreu , l'Arabe, l’Ethio-pien. Le Patriarche dit qu’il sçavoit le Latin & l’Arabe parfaite-jnent,pers e£íe j mais que pour le Grec & l’Hebreu, il en sçavoit fortJ)eu ,Grétcis &Hebraïcis mediocriter imbutus. C’est par Heyling qu’ona sçû le martyre des deux Capucins François, &. des trois autresReligieux Franciscains. 11 a demeuré plusieurs années en Ethio-;
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