fait la guerre en ces païs-là , ils fouilloient dans le fable, ôc ytrouvoient de bonne eau ôc de bon poisson.
L’Aoaxe n’est pas moins grand que le Nil dans les commence-mens, il reçoit le Machy 6c le Lac-Zoay, mais les peuples par oùpasse l’Aoaxe le partagent en tant de canaux qu’il devient àrien ; on croit néanmoins qu’il va se rendre par plusieurs sous-ter-rains dans la Mer des Indes.
La riviere de Zebée n’est pas moins considérable que toutescelles dont on vient de parler, fans en excepter Je Nil même, Ôcest beaucoup moins connue ; elle prend fa source dans le Pais deBoxa ,au Royaume de Narea, ôc coule d’abord vers le couchant,puis tourne au Nord , ôc environne presque de toutes parts leRoyaume de Gingiro ; prenant ensuite son cours à l’Est, elle tra-verse plusieurs Pais barbares ôc inconnus , ôc se décharge dans laMer des Indes assés près ó.eMonbaca..Nefla cofta deMonbaça vem sayro grande Rio Guïloimanci ou Guileimangi & colebre rìo Cuabo ou Coaoo ,dit le Pere Jean Dos Santos , livre y. chap. i. del’Ethiopie Orien-tale.
II n’est pas difficile après avoir connu les sources du Nil, ôc desrivières qui s’y vont rendre, de refondre ces difficultés, qui ontfait d’autant plus de peine aux Anciens ôc aux Modernes, qu’ilscherchoient dans leur tête ce qu’ils n’y pouvoient trouver, ôcqu’ainsi ils se perdoient ôc dans leurs pensées ôc dans leurs raison-nemens.
Le point qui les a le plus tourmenté a été celui de l’accroisse-ment ou du débordement de ce fleuve. Us vouloient en sçavoir lacause ôc croyoient la pouvoir trouver à force de bâtir des systè-mes ; ôc tout ce qui a été écrit là-deflus, ne peut servir aujourd’huiqu’à confondre l’orgueil de l’homme, ôc à faire voir combien seslumières font bornées ôc souvent extravagantes, quand il veutrendre raison de ce qu’il ne connoît pas.
Diodore de Sicile,après avoir décrit dans le troisième chapitrede fa Bibliothèque le cours du Nil, traite dans le chapitre quatriè-me de son accroissement. II rapporte toutes les opinions de ceuxqui l’ont précédé ,ôc dont il a eu connoissance II commence parThaïes Milesienmn des sept Sages, qui dit que leNil ne se débordeque parce que les eaux sont arrêtées par la violence des vents deNord que les Grecs appellent Etesies ouEtesiens. Diodore dit,que si cette raison étoit vraie, toutes les rivières qui coulent du
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