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compagnie d autres animaux.Lorfqu’il passe d’une forêt dans uneautre, il court avec tant de rapidité, qu’il se dérobe bien-tôt à lavûë. De-là vient que les uns le font plus grandies autres pluspetit, les uns d’un poil , les autres d’un autre ; les uns disent qu’ila les crins longs & très-fournis, les autres disent au contraire qu’illes a courts&peu fournis. Tous conviennent qu’il a une corne fortlongue au milieu d u front. Mais quand il seroit vrai que cette cor-ne auroit toutes les qualités qu’on lui donne * & qu elle seroit unexcellent contre-poison, on auroit toujours raison de douter sicette corne seroit d’une véritable licorne. II y a plusieurs animaux& plusieurs poissons qui n’ont qu’une corne , Ôc toutes ces cornesn’ont pas la même qualité.
II y a encore dans l Ethiopie des chevaux sauvages qui ont lescrins & la tête comme nos chevaux, & hennissent de même, maisils ont deux petites cornes toutes droites & les pieds fendus com-me ceux du bœuf. Les Cafres appellent ces animaux empophos .
La girasse est le plus grand de tous les animaux que nous con-noissons; elle est moins grosse, mais plus haute que 1 éléphant. $egjambes de devant font communément longues de douze palmes,de lorte qu’un homme à cheval peut passer lous le ventre de la giraf-fe. Le Pere Alfonse Mendès rappelle, Struthio-camelus ; & voici dequelle maniéré il en parle iMliud animal cui nomen Giratecachim,idejì exilis eau da , c un tla terrai animantia , A" in lis elephantum t quvtamen ejl minus carnojum , magmtudine tranficendit. Manus habet duo-decim palmarum , pedes tantuíum hreviores, collum tondendis herbis ,quarumpaflu vivit,accommodum. Infra ecjues inojfensd galea decurrit.Hicejse videtur Strutbiocamelus\camelum enim&firuthionem figura re-fert ; ex illius çauda tertres ac promit entes fêta leguntur , qua brachiiiin armillas convolutœ, wnamento funt (3* ejfe dicuntur medicamento .
Le Pere Bakhasar Tellés, n’a fait que traduire ceci en Portugais;Mr. Ludolf soutient que la girasse est le camelopardalus , & quele camelused un oiseau. Feu Mr. Corneille dans ion Dictionnairedes arts , n’a fait que copier Mr. Ludolf Je dirai fur cela, avec lePere Raphaël Bluteau, qu’on ne peut gueres parler avec certituded’une chose qu’on n’a jamais vûë.Ce Pere Theatin appelle l’autru-che, Struthio-camelús, & Mr. Ludolf soutient qu’on a mal-à-proposajoûté le mot de cameluszfiruthio. Je crois que si lelus , n’est ni l’autruche ni la girasse, il faut que ce soit lefeylafave's tou le cheval du diable, dont le Pere Lobo fait la description, & je